Au Niger, Abdourahamane Tchiani a prêté serment mercredi à la tête du pays pour une période de transition de cinq ans, conformément à une nouvelle charte remplaçant la Constitution.
Abdourahamane Tchiani a également été élevé au rang de général d’armée, le plus haut grade militaire du pays, et a signé un décret dissolvant tous les partis politiques, consolidant ainsi son emprise sur le pouvoir depuis juin 2023, année où il a mené des soldats lors du coup d’État qui a renversé le gouvernement élu.
La période de transition « flexible » de cinq ans débute mercredi, selon Mahamane Roufai, secrétaire général du gouvernement. Il s’exprimait lors d’une cérémonie à Niamey, la capitale, où la nouvelle charte de transition recommandée par une récente conférence nationale a été approuvée.
Le nouveau président aura été au pouvoir pendant environ sept ans à la fin de la période de transition en 2030, suivant des schémas similaires de mandats prolongés au pouvoir dans les pays africains dirigés par des régimes militaires, notamment le Mali, la Guinée et le Burkina Faso.
La charte de transition prévoit également un référendum comme condition à l’installation de bases militaires étrangères au Niger. Elle précise toutefois que le président peut l’autoriser par décret en cas d’urgence.
Le Niger entretient actuellement un partenariat militaire avec la Russie, son nouvel allié après l’expulsion des soldats américains et français, deux partenaires de longue date.
La pouvoir issu du coup d’État de juillet 2023 avait initialement proposé une période de transition de trois ans, mais cette proposition a été rejetée par la CEDEAO, l’organisation régionale ouest-africaine qui l’a qualifiée de provocation et a menacé d’intervenir par la force.
Depuis lors, le Niger a quitté l’organisation, aux côtés du Mali et du Burkina Faso, pour protester contre les sanctions sévères annoncées par l’organisation pour imposer un retour à la démocratie au Niger.
Selon ses détracteurs, le régime militaire a réprimé les droits civiques et peiné à mettre fin aux violences djihadistes qui, selon l’armée, l’ont poussée au pouvoir.