L’Afrique du Sud a annoncé mardi une réduction de sa taxe sur les carburants pour un mois afin de freiner la hausse des prix en avril. Cette décision fait suite aux pressions exercées par les syndicats et les organisations patronales sur le gouvernement pour qu’il intervienne et atténue l’impact de la guerre en Iran.
Les ministères des Finances et du Pétrole ont indiqué dans un communiqué que le gouvernement compenserait par d’autres mécanismes le manque à gagner fiscal de 6 milliards de rands (350,69 millions de dollars) engendré par cette réduction temporaire.
Un plan de mesures plus global de soutien aux ménages et aux secteurs clés de l’économie est en cours d’élaboration, précise le communiqué. En effet, malgré cette baisse de taxe, le prix réglementé de l’essence devrait augmenter d’environ 15 % en avril et celui du diesel en gros de 40 %.
La taxe générale sur les carburants sera réduite de 3 rands pour le mois d’avril, la ramenant à 1,10 rand par litre pour l’essence et à 0,93 rand par litre pour le diesel.
Le ministre des Finances, Enoch Godongwana, a déclaré à la presse que le gouvernement suivrait de près l’évolution de la situation au Moyen-Orient et que, si le conflit persistait, il pourrait accorder un allègement de la taxe sur les carburants en mai et juin.
« Je ne pense pas que cela puisse être maintenu au-delà de juin », a-t-il précisé.
Cette baisse de taxe rappelle une mesure prise en 2022 lors de la crise ukrainienne.
L’Afrique du Sud avait mis en place une mesure similaire en 2022 suite au début de la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Cette réduction de 1,5 rand par litre est restée en vigueur pendant plusieurs mois avant d’être abaissée puis supprimée.
La banque centrale sud-africaine a mis en garde contre les risques inflationnistes liés à la hausse des prix des carburants lors de sa réunion de politique monétaire la semaine dernière, prévoyant une inflation des prix des carburants supérieure à 18 % au deuxième trimestre.
Le rand, monnaie sensible aux risques, a chuté de près de 7 % face au dollar depuis les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran fin février, accentuant ainsi les risques inflationnistes.
L’Afrique du Sud importe la majeure partie de ses produits pétroliers, ce qui la rend très vulnérable aux fluctuations des prix mondiaux de l’énergie.
La première économie d’Afrique ajuste mensuellement les prix des carburants selon une formule qui prend en compte les variations des cours mondiaux du pétrole brut, le taux de change et les taxes locales, telles que la taxe sur les carburants.
Les modifications de prix entrent en vigueur le premier mercredi de chaque mois.