Le gouvernement nigérian a annoncé mardi le lancement d’une opération de rapatriement de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud, sur fond de recrudescence des violences xénophobes visant plusieurs communautés étrangères dans le pays.
Selon un communiqué du ministère nigérian des Affaires étrangères, un premier groupe de ressortissants doit quitter Johannesburg dans la nuit de mercredi à bord d’un vol affrété par les autorités fédérales. L’appareil décollera de l’aéroport international OR Tambo pour rejoindre l’aéroport international Murtala Muhammed de Lagos, où son arrivée est prévue jeudi matin.
L’opération sera assurée par la compagnie aérienne Air Peace et entièrement financée par le gouvernement fédéral nigérian. Les autorités ont ainsi garanti un retour sans frais aux citoyens concernés.
À leur arrivée au Nigeria, les personnes rapatriées seront soumises à des procédures administratives de documentation et d’identification avant de bénéficier d’un accompagnement adapté. Le ministère précise que plusieurs structures gouvernementales ont été mobilisées afin d’assurer leur accueil, leur prise en charge et leur réinsertion auprès de leurs familles.
« Le gouvernement fédéral a pleinement financé cette opération d’évacuation », a souligné le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kimiebi Imomotimi Ebienfa, appelant les ressortissants concernés à suivre les procédures établies.
Cette décision intervient alors que les autorités nigérianes ont enregistré une forte augmentation du nombre de citoyens souhaitant quitter l’Afrique du Sud. Plus d’un millier de Nigérians se sont déjà inscrits au programme de retour volontaire mis en place par Abuja.
Depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud est confrontée à une nouvelle vague de manifestations et d’attaques visant des migrants africains. Ces violences ont suscité l’inquiétude de plusieurs gouvernements du continent et ravivé les tensions diplomatiques récurrentes autour de la question de la xénophobie dans le pays.
Les ressortissants nigérians figurent parmi les communautés les plus exposées lors de ces épisodes de violence, un phénomène qui continue d’alimenter les préoccupations sécuritaires entre Abuja et Pretoria.
Prudence AGBALETI