Dans une tribune publiée dimanche 19 juillet, Nady Bamba critique la réaction de la diplomatie ivoirienne aux propos de Jean-Luc Mélenchon. L’épouse de Laurent Gbagbo dénonce une conception « à géométrie variable » de la souveraineté nationale.
Nady Bamba s’en est vivement prise à l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Maurice Bandaman, dans une tribune publiée dimanche. L’épouse de l’ancien président Laurent Gbagbo critique la récente réaction officielle de l’ambassade ivoirienne aux déclarations de Jean-Luc Mélenchon.
L’ambassade avait dénoncé des propos jugés « discourtois », « condescendants » et « irresponsables » tenus par le dirigeant français. En effet, Jean-Luc Mélenchon avait accusé le président Alassane Ouattara d’avoir écarté ses adversaires avant l’élection présidentielle de 2025.
Il avait également qualifié de « quatrième mandat anticonstitutionnel » la réélection du chef de l’État ivoirien.
Pour Nady Bamba, la souveraineté nationale ne peut être invoquée uniquement lorsque les autorités y trouvent un intérêt politique. Elle estime que cette position manque de cohérence au regard des événements ayant marqué la crise postélectorale de 2010.
L’ancienne journaliste rappelle que certains responsables avaient alors soutenu l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire. Selon elle, il est contradictoire de dénoncer aujourd’hui toute prise de position venue de France.
Nady Bamba appelle également les dirigeants africains à assumer pleinement leurs responsabilités devant leurs populations. Elle affirme que les difficultés du continent ne peuvent être attribuées exclusivement aux puissances occidentales.
La tribune critique aussi les responsables politiques recherchant, selon elle, un soutien extérieur pour accéder au pouvoir. Une telle démarche constitue, d’après Nady Bamba, une atteinte directe au principe même de souveraineté nationale.
L’épouse de Laurent Gbagbo évoque enfin les relations entre Abidjan et Paris sur les questions diplomatiques. Elle estime que les intérêts économiques expliquent le silence français face aux critiques concernant les droits humains en Côte d’Ivoire.
Ces déclarations interviennent quelques jours après le communiqué officiel publié par l’ambassade ivoirienne en France. Cette nouvelle prise de position relance le débat sur les relations franco-ivoiriennes à l’approche des prochaines échéances politiques.
Prudence AGBALETI