Le Conseil de sécurité des Nations Unies a exigé jeudi la fin du siège d’al-Fashir – une ville de 1,8 million d’habitants dans la région soudanaise du Nord Darfour – par les forces paramilitaires de soutien rapide (FSR) et la fin immédiate des combats dans la région.
Le conseil a adopté une résolution rédigée par les Britanniques qui appelle également au retrait de tous les combattants qui menacent la sûreté et la sécurité des civils à al-Fashir, la dernière grande ville de la vaste région du Darfour occidental qui ne soit pas sous le contrôle de RSF.
« Une attaque contre la ville serait catastrophique », a déclaré l’ambassadrice britannique à l’ONU, Barbara Woodward, au conseil. « Le conseil a envoyé aujourd’hui un signal fort aux parties au conflit. Ce conflit brutal et injuste doit prendre fin. »
Le projet de résolution britannique a reçu 14 voix pour, tandis que la Russie s’est abstenue.
L’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, a déclaré qu’il s’agissait d’un « moment précaire ».
« Les habitants d’Al-Fachir sont pris au piège. Ils sont encerclés par des FSR lourdement armés. La nourriture, l’eau, les médicaments et d’autres produits essentiels s’assèchent », a-t-elle déclaré. « La famine s’installe et la menace de nouvelles violences, notamment d’un massacre à grande échelle, se profile. »
Le principal hôpital d’Al-Fachir a été attaqué par les FSR et mis hors service, a indiqué dimanche Médecins sans frontières. Quelque 130 000 habitants ont fui la ville en raison des combats d’avril et mai, a déclaré l’ONU, mais partir est dangereux car ceux qui fuient ont été attaqués sur la principale route contrôlée par les FSR.
Le Conseil de sécurité a appelé les parties belligérantes à autoriser les civils à se déplacer vers des zones plus sûres à l’intérieur et à l’extérieur d’Al-Fashir.
Un rapport du 5 juin, opens new tab, du laboratoire de recherche humanitaire de Yale révèle qu’une quarantaine d’implantations en dehors de la ville ont été rasées par des incendies criminels depuis fin mars.
Le Conseil de sécurité a exhorté les pays « à s’abstenir de toute ingérence extérieure qui cherche à fomenter un conflit et l’instabilité… et rappelle à toutes les parties au conflit et aux États membres qui facilitent les transferts d’armes et de matériel militaire vers le Darfour, leurs obligations de respecter les accords d’armement ».
Les observateurs des sanctions de l’ONU ont qualifié de « crédibles » les accusations selon lesquelles les Émirats arabes unis auraient fourni un soutien militaire aux FSR, ce que les Émirats arabes unis ont nié.