En République démocratique du Congo, les rebelles du M23 se sont emparés de la ville de Minova, dans l’est du pays, principale route d’approvisionnement de la capitale provinciale Goma, ont déclaré mardi un chef rebelle et le gouverneur de la province.
Le groupe M23 mène une nouvelle insurrection dans l’est du pays depuis 2022. Le Congo et les Nations Unies accusent le Rwanda voisin de soutenir le groupe avec ses propres troupes et armes, ce que le Rwanda le nie.
« Minova est entre nos mains », a déclaré Corneille Nangaa, chef de l’Alliance du fleuve Congo (AFC), un groupe antigouvernemental dont fait partie le M23.
La chute de la ville pourrait placer Goma, une ville clé de l’Est, située à environ 40 km, dans le collimateur des rebelles. La prise de la ville a été confirmée par le gouverneur provincial Jean-Jacques Purusi.
Ce mardi, vers 6 heures du matin, les rebelles sont parvenus à occuper le centre de Minova, après un échange de tirs d’environ une heure contre l’armée congolaise et les alliés, indiquent des sources diverses dans la zone. Lesdites sources parlent d’actes de représailles perpétrés par les rebelles dans leur opération de ratissage des deux agglomérations de Bweremana et Minova. Quelques personnes, estimées à une dizaine, assimilées aux combattants Wazalendo, ont été tuées ce matin à Bweremana, tout comme à Minova, ajoutent des sources sur place.
Par ailleurs, des détonations de tirs d’artillerie sont entendues depuis 4 heures locales entre le quartier Mugunga, dans l’Ouest de Goma, et les collines surplombant la cité de Sake. Même si Sake reste toujours sous le contrôle de l’armée congolaise, la situation y est très volatile.
Le ministre congolais des Communications, Patrick Muyaya, a déclaré à Reuters que le gouvernement surveillait la situation.
Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a déclaré à Reuters qu’une quinzaine d’ONG et d’agences humanitaires à Minova avaient suspendu leurs activités pour des raisons de sécurité.
OCHA a déclaré que 484 000 personnes déplacées se trouvaient à Minova, dont 178 000 arrivées entre le 4 et le 20 janvier.