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Les États-Unis annoncent des sanctions contre un membre du gouvernement rwandais

Les États-Unis ont annoncé jeudi qu’ils imposaient des sanctions à un membre du gouvernement rwandais et à un porte-parole du groupe armé M23 pour leur rôle dans le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, a envahi les deux principales villes de l’est du Congo ces dernières semaines, aggravant la grave crise humanitaire observée dans cette région.

« Cette agression a porté atteinte à l’intégrité territoriale de la RDC », a déclaré la porte-parole du Département d’État, Tammy Bruce, dans un communiqué, avertissant que le Rwanda devrait mettre fin à son soutien au M23 et revenir aux négociations dans le cadre du processus de Luanda.

« Cette violence risque de dégénérer en un conflit régional plus large », a ajouté Bruce.

Le Département du Trésor américain, annonçant les sanctions financières, a déclaré que le secrétaire d’État rwandais chargé de l’intégration régionale, James Kabarebe, un général à la retraite, avait été pris pour cible pour avoir orchestré le soutien rwandais au M23.

Le M23 lui-même est sous le coup de sanctions américaines depuis 2013 pour des violations du droit international, notamment le ciblage d’enfants, le meurtre et la mutilation de civils et la violence sexuelle.

« En outre, Kabarebe gère une grande partie des revenus du Rwanda et du M23 à partir des ressources minérales de la RDC. Il a coordonné l’exportation des minéraux extraits des sites miniers de la RDC pour une éventuelle exportation depuis le Rwanda », a indiqué le Trésor.

Lawrence Kanyuka Kingston, membre et porte-parole du M23 et de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), ainsi que deux sociétés qu’il contrôle en Grande-Bretagne et en France, ont également été visés mardi, a indiqué le Trésor.

Le Rwanda rejette les allégations du Congo, des Nations Unies et des puissances occidentales selon lesquelles il soutient le M23 avec des armes et des troupes. Il affirme se défendre contre la menace d’une milice hutue qui, selon lui, combat aux côtés de l’armée congolaise.

« Les sanctions sont injustifiées, la communauté internationale devrait soutenir, et non saper, les efforts régionaux en cours vers une solution politique », a déclaré à Reuters la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, dans un message texte. « Si les sanctions pouvaient résoudre le conflit dans l’est de la RDC, nous aurions eu la paix dans la région il y a des décennies. »

Le Congo a déclaré qu’il saluait les sanctions américaines et qu’il souhaitait voir davantage de mesures de ce type.

« Cela marque le début d’une longue série de sanctions que nous souhaitons renforcer de la part du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’Union européenne et d’autres partenaires afin de contraindre le Rwanda à retirer ses troupes et à cesser ses activités criminelles sur notre sol », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Reuters

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