Le nord du Mozambique est confronté à une grave crise humanitaire, la violence croissante provoquant des déplacements massifs de population. L’année 2020 est devenue la pire pour les civils depuis le début du conflit en 2017, a averti vendredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
S’exprimant en ligne depuis Genève, Paola Emerson, cheffe d’OCHA Mozambique, a déclaré que plus de 107 000 personnes avaient été nouvellement déplacées depuis la mi-novembre, marquant la troisième vague importante cette année et portant le total à plus de 330 000 pour la seule année 2025.
Nombre d’entre elles ont fui à plusieurs reprises, a-t-elle souligné, certaines arrivant dans des centres d’accueil après avoir subi des violences indescriptibles et dans un contexte de tentatives de suicide alarmantes.
Les enfants représentent 67 % des personnes déracinées. Beaucoup sont séparés de leur famille ou orphelins et exposés à la maltraitance, à l’exploitation et à la déscolarisation.
« Aucun enfant ne devrait jamais avoir à grandir dans de telles conditions », a insisté Mme Emerson.
Des familles trouvent refuge dans des écoles surpeuplées, des abris de fortune et des communautés d’accueil déjà fragilisées, tandis que les risques sanitaires s’aggravent avec la confirmation de cas de choléra à Memba et Metuge, a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que l’insécurité perturbe également l’agriculture, aggravant la faim.
Quatre semaines après le début des derniers déplacements de population, l’aide d’urgence a atteint 40 350 personnes à Erati, mais seulement deux semaines de vivres. Les stocks sont presque épuisés après une année marquée par des cyclones, la sécheresse et des violences répétées, selon la responsable régionale.
« Il ne reste plus de stocks de nourriture ni de produits de santé », a averti Emerson.
Le Coordonnateur des secours d’urgence a alloué 6 millions de dollars provenant du Fonds central d’intervention d’urgence, mais les besoins dépassent largement les ressources disponibles, selon OCHA. Le plan humanitaire du Mozambique pour 2025 prévoit 352 millions de dollars, or seulement 97 millions ont été reçus.
« Avant tout, il faut la paix, que les gens puissent cultiver leurs terres et que les enfants puissent passer leurs examens à l’école au lieu de fuir la violence », a déclaré Emerson.