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L’Érythrée se retire de l’IGAD

L’Érythrée s’est retirée vendredi de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), accusant la plateforme Est-Africaine d’agir contre ses intérêts.

Parallèlement, les Nations Unies ont exprimé leur inquiétude face à la recrudescence des tensions entre l’Érythrée et l’Éthiopie voisine, signataires d’un accord de paix il y a 25 ans.

Le ministère érythréen des Affaires étrangères a déclaré vendredi, dans un communiqué, se retirer « d’une organisation qui a perdu son mandat et son autorité légaux, n’offre aucun avantage stratégique tangible à l’ensemble de ses membres et ne contribue pas de manière substantielle à la stabilité de la région ».

L’Érythrée avait quitté l’IGAD en 2003 avant de la réintégrer il y a deux ans, mais a affirmé vendredi que l’organisation n’avait pas contribué à la stabilité régionale. L’IGAD a répliqué que l’Érythrée n’avait participé à aucune activité régionale depuis sa réintégration.

Outre l’Érythrée et l’Éthiopie, l’IGAD comprend Djibouti, le Kenya, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan et l’Ouganda. L’organisation œuvre à l’élaboration de politiques régionales relatives au commerce, aux douanes, aux transports, aux communications, à l’agriculture, aux ressources naturelles et à l’environnement.

L’Érythrée et l’Éthiopie se sont mutuellement accusées d’ingérence ces derniers mois, faisant craindre une reprise des hostilités.

L’Éthiopie affirme vouloir obtenir pacifiquement un accès à la mer Rouge via l’Érythrée, pays dont elle dépendait fortement pour son commerce avant la sécession. En septembre, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a déclaré que la perte d’accès à la mer avait été une « erreur » lorsque l’Érythrée a accédé à l’indépendance en 1993 en faisant sécession de l’Éthiopie pour former un État distinct. Ces propos ont été perçus comme une provocation par l’Érythrée.

Le bureau du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exhorté vendredi les deux pays à « réaffirmer leur engagement en faveur d’une paix durable et du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale ».

L’ONU a cité l’Accord d’Alger, signé en 2000, qui a mis fin à près de trois décennies de guerre frontalière entre l’Érythrée et l’Éthiopie. Elle a appelé à un réengagement envers cet accord, qu’elle a qualifié de « cadre essentiel » pour la paix.

En juin, l’Érythrée a accusé l’Éthiopie de nourrir depuis longtemps un « agenda guerrier » visant à s’emparer de ses ports de la mer Rouge. L’Éthiopie a récemment affirmé que l’Érythrée se préparait activement à lui faire la guerre et soutenait des groupes rebelles éthiopiens.

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