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Au Cameroun, 15 morts suite à une attaque des séparatistes anglophones de l’ouest du pays

Des hommes armés ont tué au moins 15 personnes, dont huit enfants, lors d’une attaque survenue mercredi dans le nord-ouest du Cameroun, a déclaré un responsable communautaire.

L’attaque, a eu lieu tôt le matin à Gidado, dans la région reculée de Ndu, située dans le nord-ouest anglophone en proie aux conflits, a indiqué le chef local Tata Ndzisshoto à l’Associated Press.

Les régions occidentales du Cameroun sont ravagées par les combats depuis le début de la rébellion en 2017, lancée par des séparatistes anglophones qui revendiquent l’indépendance vis-à-vis de la majorité francophone et la création d’un État anglophone indépendant.

Ndzisshoto n’a pas précisé l’identité des responsables de l’attaque, et aucune revendication n’a été faite. Il a indiqué que les hommes armés visaient des éleveurs de l’ethnie Mbororo. Les combattants séparatistes de la région accusent depuis longtemps les éleveurs Mbororo de soutenir l’armée camerounaise.

Le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, s’exprimant sur les ondes de la radio-télévision nationale camerounaise (CRTV), a qualifié l’attaque de « massacre » perpétré par des « terroristes ». Il a indiqué qu’au moins 14 personnes, dont sept enfants et six femmes, avaient été tuées.

Depuis le début du conflit, le gouvernement accuse les séparatistes d’atrocités contre les civils. Selon l’International Crisis Group, un groupe de réflexion, le conflit a fait plus de 6 000 morts et plus de 600 000 déplacés.

Bien que le nombre d’attaques meurtrières perpétrées par les séparatistes ait diminué ces dernières années, le conflit ne montre aucun signe de résolution. Les pourparlers de paix menés sous l’égide de médiateurs internationaux sont au point mort, chaque camp s’accusant mutuellement de mauvaise foi.

Le conflit séparatiste trouve ses racines dans l’histoire coloniale du Cameroun, lorsque le pays était divisé entre la France et la Grande-Bretagne après la Première Guerre mondiale. Les régions anglophones ont ensuite rejoint le Cameroun français lors d’un référendum organisé sous l’égide de l’ONU en 1961, mais les séparatistes affirment être depuis lors marginalisés politiquement et économiquement.

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