Le sommet de l’Union africaine de 2026 se tient ce week-end à Addis-Abeba, l’Angola cédant la présidence tournante au Burundi. Le bloc est confronté à des défis tels que la multiplication des conflits, l’insécurité au Sahel, des relations tendues avec Washington et des troubles internes.
Le thème de cette année, l’eau, met en lumière les dégâts causés par les inondations dévastatrices qui frappent le continent et l’urgence de lutter contre les effets de la crise climatique.
Les chefs d’État et de gouvernement africains se réuniront à Atlanta les 14 et 15 février, à l’issue de la 39e session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine (UA), qui s’est tenue à partir du 11 février.
Le Burundi assurera la présidence tournante, et son président, Évariste Ndayishimiye, sera nommé président de l’UA pour l’année 2026.
La question de l’eau en tant que ressource vitale est le thème officiel du sommet de cette année. S’exprimant devant le Conseil exécutif cette semaine, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a souligné son importance cruciale.
« Face aux dérèglements climatiques observés, une utilisation raisonnée de l’eau dans tous les aspects de la vie quotidienne est un impératif majeur. Cette ressource vitale doit être perçue comme un bien commun, à préserver à tout prix, et comme un vecteur de rapprochement entre nos États et de paix. »
Incertitude mondiale accrue
Avec des élections contestées, la répression de la dissidence et des états d’urgence prolongés observés sur tout le continent, les conflits et la sécurité devraient figurer en tête des priorités.
Cette semaine, Mahmoud Ali Youssouf a rencontré le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, pour discuter du renforcement du multilatéralisme en cette période de guerre qu’il a qualifiée d’« incertitude mondiale accrue ».
Youssouf a également exprimé son inquiétude face à « l’instabilité politique, les crises sécuritaires et les changements de gouvernement anticonstitutionnels », tout en notant des progrès au Gabon et en Guinée, mais des reculs à Madagascar et en Guinée-Bissau. Il a par ailleurs souligné la persistance des menaces terroristes au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, selon un communiqué publié à l’issue de la réunion.
« Malgré des reculs et des progrès minimes, nos médiateurs restent actifs », a-t-il déclaré.
Conflits internes
Outre les conflits en cours au Soudan, dans l’est de la République démocratique du Congo, au Sahel et en Libye, d’autres ont ressurgi au Soudan du Sud et en Éthiopie, révélant les limites des solutions sécuritaires.
Le porte-parole de la Commission de l’Union africaine, Nuur Mohamud Sheekh, a déclaré aux journalistes : « L’Union africaine a contribué à la désescalade des tensions politiques et a soutenu le dialogue avant que les situations ne dégénèrent en violence », citant notamment le travail accompli pour prévenir une guerre entre le Soudan et le Soudan du Sud dans la région sensible d’Abyei.
Toutefois, un récent rapport de l’International Crisis Group (ICG) souligne la marge de manœuvre limitée de l’Union africaine (UA), affirmant : « Au moment où l’UA est le plus nécessaire, elle est sans doute plus faible que jamais depuis sa création. »