A LA UNE Société SOUDAN

Au Soudan, les FSR ont tué au moins 28 personnes lors d’une attaque au Darfour, selon une organisation humanitaire

Une attaque menée par les forces paramilitaires soudanaises contre un bastion d’un chef tribal du Darfour a fait au moins 28 morts, a annoncé mardi un groupe de médecins. Il s’agit du dernier épisode en date d’une guerre dévastatrice qui semble sans issue.

Les Forces de soutien rapide (FSR) ont semé la terreur lundi dans la ville de Misteriha, dans la province du Darfour-Nord, selon le Réseau des médecins du Soudan, qui suit de près le conflit en cours dans le pays.

La ville est un fief du chef tribal arabe Musa Hilal, lui aussi issu de la tribu arabe Rizeigat, comme la majorité des membres des FSR.

Au moins 39 personnes, dont 10 femmes, ont été blessées lors de l’attaque, a précisé le groupe médical.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé mardi à un cessez-le-feu immédiat, condamnant l’offensive continue des Forces de soutien rapide (FSR) et la déstabilisation de la région des Kordofans, ainsi que les atrocités qui leur sont reprochées à El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, « notamment des massacres systématiques, des déplacements massifs de population, des exécutions sommaires, des détentions arbitraires et des attaques à caractère ethnique ». Les membres du Conseil ont exigé que tous les responsables soient tenus de rendre des comptes.

Ils ont réaffirmé que la priorité est que le gouvernement et les FSR « fassent progresser les pourparlers en vue d’un cessez-le-feu durable, ouvrant la voie à un processus politique global, inclusif et mené par les Soudanais ».

Le communiqué de presse, approuvé à l’unanimité par les 15 membres du Conseil, condamne fermement les informations faisant état de frappes répétées de drones contre des civils, des infrastructures civiles et des travailleurs humanitaires depuis début février, et rappelle que les attaques contre le personnel humanitaire peuvent constituer des crimes de guerre.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a annoncé mardi la nomination de l’ancien ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, comme nouvel envoyé personnel au Soudan, chargé de promouvoir les efforts de paix. Il succède à l’Algérien Ramtane Lamamra.

Haavisto, actuellement député au Parlement finlandais, a occupé des postes à responsabilité au sein de l’ONU et de l’Union européenne et possède une vaste expérience en matière de médiation et de négociation de crises en Afrique. Il a notamment été représentant spécial de l’UE pour le Soudan de 2005 à 2007, a précisé le chef de l’ONU.

Selon un groupe médical, le centre de santé de la ville a été touché par des bombardements des Forces de soutien rapide (FSR) lundi. Les combattants paramilitaires ont ensuite agressé le personnel médical et arrêté au moins un membre du personnel.

Les combattants des FSR avaient lancé leur offensive sur la ville durant le week-end par des frappes de drones qui ont touché la maison d’hôtes de Hilal. Lundi, ils ont lancé une importante offensive terrestre et pris le contrôle de la ville.

L’organisation Emergency Lawyers, un groupe indépendant qui documente les atrocités commises au Soudan, a déclaré que les combattants des RSF avaient incendié de nombreuses maisons dans la ville, forçant les habitants à fuir vers les villages voisins.

La prise de Misteriha consoliderait probablement le contrôle des FSR sur le Darfour. Cependant, elle risque d’exacerber les tensions tribales dans une région marquée par la violence et la guerre depuis longtemps.

L’attaque de lundi est survenue quatre mois après la prise d’el-Fasher, capitale de la province du Darfour-Nord, par les FSR, après 18 mois de siège. Les paramilitaires ont tué plus de 6 000 personnes entre le 25 et le 27 octobre dans la ville. L’attaque a été caractérisée par des atrocités que des experts soutenus par l’ONU ont qualifiées de « génocide ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X