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L’Italie arrête un Burundais soupçonné du meurtre de trois religieuses catholiques en 2014

L’Italie a arrêté un Burundais de 50 ans, soupçonné d’être impliqué dans le meurtre de trois religieuses missionnaires italiennes à Bujumbura, capitale économique du pays, il y a plus de dix ans, ont annoncé jeudi les procureurs de Parme.

Guillaume Harushimana est soupçonné d’avoir commandité, organisé et apporté un soutien logistique aux assassinats d’Olga Raschietti, 83 ans, Lucia Pulici, 75 ans, et Bernadetta Boggian, 79 ans, lors de deux attaques distinctes perpétrées les 7 et 8 septembre 2014.

Monica Moschioni, avocate commise d’office pour représenter Harushimana, a déclaré à Reuters qu’elle ne pouvait pas encore dire s’il plaiderait non coupable ou coupable, car elle ne s’était pas encore entretenue avec lui. Elle devait le faire vendredi, a-t-elle ajouté.

Meurtres commandités par un général, selon le procureur

Les meurtres ont été commandités par le général Adolphe Nshimirimana, alors chef de la police secrète burundaise, assassiné en 2015, ont déclaré les procureurs. Harushimana était un proche collaborateur du général, ont-ils ajouté.

Selon les enquêteurs, les religieuses auraient été tuées pour avoir refusé de fournir une aide médicale aux milices burundaises déployées au Congo, en raison de différends concernant le financement d’un centre de jeunesse à Kamenge, ou encore dans le cadre d’un rite sacrificiel.

Le parquet a indiqué que quatre personnes étaient soupçonnées d’avoir perpétré ces meurtres. Deux d’entre elles ont fait des aveux à la radio et une troisième, présentée comme le garde du corps du général, a été interrogée à Parme et a partiellement reconnu les faits. La quatrième personne n’a pas été identifiée.

Les présumés meurtriers sont entrés dans l’enceinte des religieuses déguisés en religieux et en sont ressortis en uniformes de police, a précisé le parquet. En 2014, Reuters avait rapporté que deux des trois victimes avaient été violées et décapitées.

Le parquet italien a annoncé la réouverture de l’enquête sur les meurtres en 2024, grâce aux informations fournies par le journaliste d’investigation Giusy Baioni. Ces éléments ont permis de recueillir les témoignages d’autres religieuses, jusque-là ignorés par les autorités burundaises.

Le nom d’Harushimana était déjà apparu dans le cadre de cette affaire, ont indiqué les procureurs italiens. Ils ont ajouté qu’il avait obtenu un visa de tourisme pour l’Italie en 2018 afin de suivre une formation à Parme, dans le nord du pays.

Il a été interrogé à Parme à cette époque, mais a nié toute implication, affirmant se trouver hors du Burundi au moment des faits. Ils ont présenté des tampons sur son passeport comme preuve de son absence.

Reuters

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