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Les États-Unis imposent des sanctions à l’armée rwandaise et à 4 de ses hauts gradés pour leur soutien à la rébellion congolaise du 23

Les États-Unis ont imposé lundi des sanctions aux Forces de défense rwandaises et à quatre de leurs hauts responsables pour leur soutien au Mouvement du M23, un groupe armé responsable de violations des droits humains au Congo, en Afrique centrale.

Ces nouvelles sanctions interviennent après la signature, en décembre à Washington, d’un accord de paix négocié par les États-Unis entre le président congolais Félix Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame, en présence du président américain Donald Trump.

À l’époque, M. Trump avait salué le courage des dirigeants, l’accord ouvrant également l’accès aux réserves minières stratégiques de la région au gouvernement et aux entreprises américaines.

Malgré l’accord, les combats entre les deux camps se poursuivent sur plusieurs fronts dans l’est du Congo, faisant de nombreuses victimes civiles et militaires.

Le M23 est la plus importante des quelque 100 factions armées qui se disputent le contrôle de l’est du Congo, près de la frontière rwandaise. Ce conflit a engendré l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, avec plus de 7 millions de personnes déplacées, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Au Congo, les États-Unis et des experts de l’ONU accusent le Rwanda de soutenir le M23, qui est passé de quelques centaines de membres en 2021 à environ 6 500 combattants, selon l’ONU.

Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor américain a affirmé que les offensives du M23 n’auraient pas été possibles sans le soutien actif du gouvernement rwandais et de hauts responsables.

Parmi les personnes visées par les sanctions annoncées lundi figurent Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée de terre rwandaise ; le général de division Ruki Karusisi ; le chef d’état-major des armées Mubarakh Muganga ; et Stanislas Gashugi, commandant des forces spéciales.

La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a déclaré lundi dans un communiqué que les sanctions visaient « injustement » le Rwanda et « déformaient la réalité et les faits du conflit » dans l’est du Congo. Elle a accusé le Congo de violer l’accord de paix en menant des attaques de drones et des offensives terrestres « aveugles ».

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que le département « mettra tout en œuvre pour garantir que les parties aux accords de Washington respectent leurs obligations ».

« Nous exigeons le retrait immédiat des troupes, des armes et du matériel des Forces de défense rwandaises », a ajouté M. Bessent.

Thomas Pigott, porte-parole du département d’État américain, a affirmé que le M23 « est responsable d’horribles violations des droits de l’homme, notamment d’exécutions sommaires et de violences contre des civils, y compris des femmes et des enfants ».

Le M23 est déjà sous sanctions américaines depuis 2013.

Associated Press

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