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L’Afrique du Sud déploie des soldats dans les rues pour lutter contre la criminalité

Des soldats ont été déployés mercredi dans les rues de la plus grande ville d’Afrique du Sud afin d’appuyer la police dans sa lutte contre la violence des gangs et l’exploitation minière illégale.

Il s’agissait du premier déploiement d’envergure depuis que le président Cyril Ramaphosa a annoncé, dans son discours annuel à la nation le mois dernier, son intention de recourir à l’armée contre le crime organisé, qu’il a qualifié de principale menace pour la démocratie et le développement économique du pays.

Des soldats sont descendus de véhicules et ont pénétré dans des immeubles d’habitation tandis que des véhicules militaires patrouillaient dans les banlieues de Riverlea et Westbury à Johannesburg.

De nombreux habitants de Riverlea ont exprimé leur soulagement de voir des soldats déployés pour endiguer la violence.

Une habitante, Pearl Hilma, a déclaré à l’Associated Press qu’elle soutenait cette opération « car le gangstérisme est très présent et on entend des coups de feu tous les soirs » dans le quartier.

Certains bâtiments du quartier arborent des graffitis dénonçant le fléau de la criminalité. Près d’une école, on peut lire : « Non aux armes, prions pour notre communauté. »

La police sud-africaine et le ministère de la Défense, qui supervise l’armée, n’ont pas immédiatement fourni de détails sur ce déploiement.

Les autorités avaient initialement annoncé que le déploiement militaire dans différentes régions du pays débuterait le 1er mars, mais il a été reporté le temps que les soldats reçoivent leur formation. L’armée opérera sous commandement de police pendant ce déploiement.

Le gouvernement prévoit un déploiement plus important de forces de l’ordre dans cinq de ses neuf provinces, selon les informations communiquées par la police au Parlement. Ce déploiement ciblera l’exploitation minière illégale dans les provinces du Gauteng, du Nord-Ouest et de l’État libre, ainsi que la violence des gangs dans les provinces du Cap-Occidental et du Cap-Oriental.

Ce déploiement national pourrait durer plus d’un an, ont indiqué des responsables de la police.

L’Afrique du Sud connaît un taux élevé de criminalité violente. La police a recensé 6 351 homicides entre octobre et décembre 2025, soit une moyenne de près de 70 par jour dans un pays d’environ 62 millions d’habitants. On observe également un nombre élevé de tentatives de meurtre et d’agressions violentes.

L’Afrique du Sud a déployé l’armée à plusieurs reprises ces dernières années pour contenir les flambées de criminalité et les troubles à l’ordre public, notamment en 2021, lorsque des émeutes et des pillages dans deux provinces, déclenchés par l’emprisonnement de l’ancien président Jacob Zuma et la frustration liée aux mesures de confinement dues à la COVID-19, ont fait plus de 350 morts.

Le président Ramaphosa a déclaré que le déploiement de soldats avait été mûrement réfléchi, compte tenu du recours à l’armée pour réprimer les manifestations pro-démocratie durant les décennies de ségrégation raciale imposée par le régime d’apartheid, qui a pris fin en 1994.

Il a toutefois déclaré que cette mesure était « devenue nécessaire en raison d’une recrudescence du crime organisé violent qui menace la sécurité de la population et l’autorité de l’État ».

Ce déploiement a été globalement bien accueilli, même si certains partis politiques y voient un aveu d’échec de la police dans sa lutte contre la criminalité.

Associated Press

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