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Le président du Ghana, à New York, affirme que les États-Unis « normalisent » l’effacement de l’histoire des Noirs

Le président ghanéen John Dramani Mahama, s’exprimant mardi à New York, a critiqué l’administration américaine, l’accusant de normaliser l’effacement de l’histoire des Noirs et prévenant que de telles politiques pourraient avoir des répercussions ailleurs.

Depuis son retour au pouvoir, le président américain Donald Trump a pris pour cible les institutions culturelles et historiques des États-Unis – musées, monuments et parcs nationaux – afin d’en éradiquer ce qu’il qualifie d’idéologie « anti-américaine ».

Ses prises de positions et décrets ont conduit au démantèlement d’expositions sur l’esclavage, à la restauration de statues confédérées et à d’autres mesures qui, selon les défenseurs des droits civiques, pourraient anéantir des décennies de progrès social.

« Ces politiques servent de modèle à d’autres gouvernements, ainsi qu’à certaines institutions privées », a déclaré Mahama lors d’un événement consacré aux réparations pour l’esclavage aux Nations Unies. « À tout le moins, elles contribuent à normaliser progressivement l’effacement de cette histoire. »

Mahama a indiqué qu’aux États-Unis, les cours d’histoire des Noirs étaient retirés des programmes scolaires, que les établissements étaient contraints de cesser d’enseigner « la vérité sur l’esclavage, la ségrégation et le racisme », et que les ouvrages traitant de ces sujets étaient de plus en plus souvent interdits.

Interrogé sur les propos de Mahama, un porte-parole de la Maison Blanche a déclaré que Trump avait fait plus pour les Afro-Américains que tout autre président et qu’il était fier d’avoir reçu un « soutien historique » de la communauté noire lors de l’élection de 2024.

« Il travaille sans relâche pour répondre à leurs attentes et faire de notre pays un pays plus grand que jamais », a affirmé le porte-parole.

Le Ghana va proposer un projet de résolution sur l’esclavage à l’ONU

Mahama, qui a annoncé l’an dernier un accord pour accueillir les Africains de l’Ouest expulsés par les États-Unis, avait auparavant critiqué Trump pour ses allégations mensongères de génocide blanc et d’accaparements de terres en Afrique du Sud, les qualifiant d’insulte aux Africains.

Mahama est à New York pour présenter mercredi une résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies visant à reconnaître l’esclavage transatlantique comme le « crime le plus grave de l’histoire de l’humanité » et à réclamer des réparations.

Ce pays d’Afrique de l’Ouest est un fervent défenseur des réparations, une cause qui a pris un essor considérable ces dernières années, malgré une opposition croissante.

Plusieurs dirigeants occidentaux s’opposent même à toute discussion sur le sujet, arguant que les États et institutions actuels ne devraient pas être tenus responsables des injustices historiques.

Le projet de résolution, consulté par Reuters, exhorte les États membres à engager un dialogue sur les réparations, notamment en présentant des excuses officielles, en restituant les biens volés, en accordant une compensation financière et en garantissant la non-répétition de tels actes.

Cette résolution est soutenue par les pays de l’Union africaine et de la Communauté caribéenne, ainsi que par des pays comme le Brésil.

Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Ablakwa, a déclaré que l’Union européenne et les États-Unis avaient déjà fait savoir qu’ils ne soutiendraient pas la résolution.

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