Un couvre-feu de 48 heures a été instauré dans certains quartiers de Jos, dans le centre du Nigeria, après qu’une fusillade a éclaté dans un bar en plein air, provoquant de violentes représailles, selon des sources locales.
Douze personnes auraient été tuées lors de l’embuscade tendue dans l’établissement. Une foule aurait ensuite riposté, faisant dix morts supplémentaires.
En annonçant le couvre-feu, le gouverneur de l’État de Plateau, Caleb Manasseh Mutfwang, a déclaré qu’une enquête avait été ouverte et que les responsables de ces meurtres seraient traduits en justice.
L’État de Plateau est depuis longtemps considéré comme l’une des régions les plus instables du Nigeria.
Paul Mancha, président du conseil de la jeunesse de l’État de Plateau, a laissé entendre que le bilan réel pourrait être encore plus lourd.
« Les gens étaient là le soir et, malheureusement, de dangereux terroristes sont venus attaquer notre population », a-t-il déclaré à l’agence Reuters. « Nous avons dénombré des dizaines de morts et de nombreuses autres personnes sont hospitalisées. »
Des habitants ont déclaré que des menaces avaient été publiées sur les réseaux sociaux avant l’attaque.
Le couvre-feu, entré en vigueur à minuit heure locale, restera en place jusqu’au 1er avril. Les habitants ont reçu l’ordre de rester chez eux tandis que les forces de sécurité intensifient leurs patrouilles et maintiennent une présence visible dans les zones touchées.
Les forces de sécurité ont été rapidement déployées après la fusillade. Des troupes et d’autres personnels se sont rendus sur place pour sécuriser la zone et rétablir le calme.
L’État du Plateau se situe au centre du Nigeria, une région où les violences intercommunautaires sont fréquentes, notamment entre éleveurs majoritairement musulmans et agriculteurs majoritairement chrétiens, au sujet de l’accès à la terre et aux points d’eau.
Le Nigeria est confronté à de multiples défis sécuritaires dans ses différentes régions : de l’insurrection islamiste dans le nord-est au banditisme et aux enlèvements dans le nord-ouest et le centre du pays.
Selon les observateurs de la sécurité, ces pressions cumulées mettent à rude épreuve les ressources sécuritaires et compliquent les interventions.
L’attaque de dimanche met en lumière la fragilité persistante des dispositifs de sécurité locaux et la facilité avec laquelle la violence peut perturber la vie quotidienne.
Alors que les autorités insistent sur le fait que la situation est sous contrôle, l’instauration d’un couvre-feu souligne la gravité de la menace et l’urgence d’empêcher toute nouvelle escalade.