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Cameroun : polémique après la création d’un poste de vice-président

Au Cameroun, le Parlement réuni en congrès a adopté, le 4 avril 2026, une révision constitutionnelle réintroduisant le poste de vice-président, nommé par le chef de l’État, Paul Biya. La réforme a été adoptée à une large majorité avec 200 voix pour et 18 contre et 4 abstentions. Une vive polémique secoue le pays après cette adoption.

Le texte prévoit que le vice-président sera nommé et révoqué par le président de la République. En cas de vacance du pouvoir – décès, démission ou empêchement – il assurera automatiquement la continuité de l’exécutif jusqu’à la fin du mandat en cours. Jusqu’ici, cette prérogative revenait au président du Sénat.

Le gouvernement défend ainsi un mécanisme capable de renforcer la stabilité politique et de sécuriser le fonctionnement de l’État. Selon ses promoteurs, ce dispositif permettrait d’assurer une continuité plus directe et efficace au sommet de l’État. 

En revanche, l’opposition dénonce un mécanisme ouvrant la voie à une désignation indirecte du successeur du président, sans recours au suffrage universel. Plusieurs figures politiques et organisations de la société civile critiquent un renforcement jugé excessif des pouvoirs présidentiels, certains évoquant une « dérive autoritaire » ou une « succession verrouillée ».

La prochaine étape devrait consister en la mise en œuvre rapide de cette révision constitutionnelle, avec en ligne de mire la nomination du vice-président par le chef de l’État, Paul Biya (93 ans).

Prudence AGBALETI

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