Près de deux ans après son arrestation à Zémio, dans le sud-est de la Centrafrique, le chercheur et humanitaire belgo-portugais Joseph Figueira a été libéré. Celui qui fut arrêté pour « atteinte à la sûreté de l’État » a quitté Bangui mardi 7 avril.
Figueira Martin, consultant pour l’organisation humanitaire américaine FHI 360, avait été arrêté en mai 2024, selon le parquet centrafricain, pour espionnage, communication avec des groupes armés en vue d’un coup d’État et atteinte à la sécurité nationale.
Il avait été arrêté à Zemio, ville du sud-est du pays en proie à des affrontements entre milices ethniques et rebelles antigouvernementaux depuis plus de dix ans.
Figueira Martin était détenu dans une prison militaire et avait entamé une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention.
Bien que les arrestations de travailleurs humanitaires étrangers soient rares en République centrafricaine, le pays renforce son contrôle sur les organisations humanitaires opérant dans les zones où l’armée affronte des groupes armés. Suite à l’arrestation de Figueira Martin, les autorités ont mis en garde les employés d’ONG étrangères contre toute participation à des activités susceptibles de mettre en péril la sécurité nationale, sous peine de poursuites judiciaires.
La République centrafricaine est en proie à un conflit depuis 2013, date à laquelle des rebelles majoritairement musulmans ont pris le pouvoir et contraint le président François Bozizé à la démission. Des milices, principalement chrétiennes, ont riposté. Un accord de paix signé en 2019 a permis de ralentir les combats, mais six des quatorze groupes armés signataires s’en sont retirés par la suite.
Le groupe de mercenaires russe Wagner est également présent en République centrafricaine pour contenir les groupes rebelles armés et soutenir le président Faustin-Archange Touadéra, au pouvoir depuis 2016.