La population djiboutienne se rend aux urnes ce vendredi 10 avril, pour l’élection présidentielle. Le chef de l’Etat sortant, Ismaïl Omar Guelleh, apparaît largement favori. Après près de trois décennies au pouvoir, il brigue un nouveau mandat face à un unique adversaire peu en vue.
Guelleh (78 ans), surnommé « IOG », dirige le pays depuis 1999, année où il avait succédé à Hassan Gouled Aptidon, dont il fut un proche collaborateur dès l’indépendance en 1977. Il a transformé cette ancienne colonie française aride en une plaque tournante militaire et maritime internationale tant pour les États-Unis que pour la Chine. Cette présence internationale constitue à la fois une source de revenus et un levier d’influence politique.
La campagne électorale, lancée fin mars, s’est déroulée sans véritable suspense. Ismaïl Omar Guelleh a multiplié les déplacements à travers le pays, mettant en avant son rôle de garant de la stabilité dans une région sous tension.
Cependant, l’économie djiboutienne reste fragile, largement dépendante de ses activités portuaires, qui représentent environ 70 % du produit intérieur brut et reposent en grande partie sur les échanges avec l’Éthiopie. Par ailleurs, les tensions régionales, notamment liées au conflit au Yémen et aux menaces pesant sur la sécurité du détroit de Bab el-Mandeb, accentuent les incertitudes.
Il est à noter qu’un peu plus de 256 000 personnes sont appelées à voter vendredi pour choisir entre Guelleh et Mohamed Farah Samatar, ancien membre du parti au pouvoir et chef du Centre démocratique unifié (CDU), qui ne dispose d’aucun siège au Parlement. L’opposition, affaiblie et divisée, dénonce depuis des années des restrictions à ses activités, évoquant pressions, arrestations et obstacles administratifs.
« IOG », a été réélu en 2021 avec 97 % des voix, lors d’un scrutin largement boycotté par l’opposition. Ce mandat devait être son dernier, mais le Parlement a voté la suppression de la limite d’âge de 75 ans pour les candidats à la présidence.
Prudence AGBALETI