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Les États-Unis sanctionnent trois personnes et deux entreprises pour avoir recruté des mercenaires colombiens dans la guerre du Soudan

Les États-Unis ont imposé des sanctions à trois personnes et deux entreprises pour avoir recruté et déployé des mercenaires colombiens afin de combattre aux côtés des Forces de soutien rapide (FSR) dans la guerre au Soudan, qui entre dans sa quatrième année sans perspective de fin.

Ces sanctions, annoncées vendredi soir par le département du Trésor, sont les dernières en date prises par les États-Unis contre les FSR, qui sont en guerre contre l’armée soudanaise depuis avril 2023.

Le groupe est accusé par des organisations de défense des droits humains d’atrocités constituant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, commises durant ce conflit qui a engendré la plus grave crise humanitaire au monde. Les FSR sont issues des redoutables milices arabes Janjawid, tristement célèbres pour leurs atrocités commises au début des années 2000 contre les populations se déclarant d’origine est-africaine ou centrafricaine dans la région du Darfour, à l’ouest du Soudan.

L’Office de contrôle des avoirs étrangers du Trésor a déclaré que les personnes et entreprises sanctionnées étaient impliquées dans le « recrutement et le déploiement d’anciens militaires colombiens au Soudan pour combattre au nom des FSR ».

Parmi elles figure Fénix, une agence de placement basée à Bogota, en Colombie, créée l’année dernière pour remplacer une autre entreprise, A4SI, que les États-Unis ont sanctionnée en décembre également pour avoir aidé le FSR.

Les deux entreprises ont été fondées par Alvaro Andres Quijano Becerra, un officier militaire colombien à la retraite, et son épouse. Elles figurent également sur une liste de sanctions liées au Soudan, selon un communiqué du Trésor américain.

Parmi les dernières sanctions figurent une autre agence de recrutement basée à Bogota, GQAB, et trois personnes : Quijano Torres, gérant de Fénix, Jose Garcia Batte, propriétaire de GQAB, et Omar Garcia Batte, gérant et représentant légal de GQAB. Tous sont de nationalité colombienne, a précisé le Trésor.

Ce dernier a également indiqué que des centaines d’anciens soldats colombiens ont été déployés au Soudan depuis 2024 pour épauler les paramilitaires dans le conflit, « occupant des fonctions de combat et des rôles techniques et participant à des batailles à travers le pays ».

Les États-Unis accusent les FSR d’avoir perpétré à plusieurs reprises des « exécutions sommaires, des attaques à caractère ethnique, des violences sexuelles et sexistes, et des actes de torture dans les zones qu’elles contrôlent », notamment récemment dans la ville d’el-Fasher, au Darfour.

Le Département d’État a déclaré en décembre que des membres des FSR s’étaient rendus coupables de « crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de nettoyage ethnique ».

Le Trésor américain a cité l’attaque menée par les FSR contre la ville d’el-Fasher au Darfour en octobre, attaque qui, selon des experts mandatés par les Nations Unies, portait « les caractéristiques d’un génocide ». Au moins 6 000 personnes ont été tuées en seulement trois jours lors de cette attaque, d’après l’ONU.

La guerre a débuté lorsque les tensions entre l’armée et les FSR ont dégénéré en combats ouverts dans la capitale, Khartoum, le 15 avril 2023, avant de s’étendre à l’ensemble du pays.

Selon l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), la guerre a fait au moins 59 000 morts en trois ans. L’organisation américaine de suivi des conflits a toutefois indiqué que son bilan était très probablement sous-estimé compte tenu des difficultés de recensement.

Ce conflit a engendré la plus grave crise humanitaire au monde : environ 34 millions de personnes – soit près des deux tiers des Soudanais – ont besoin d’aide, selon l’ONU.

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