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Guy Marius Sagna s’attaque à Macron après ses propos sur le panafricanisme

Le député sénégalais Guy Marius Sagna a vivement critiqué le président français Emmanuel Macron après une déclaration faite à Nairobi, au Kenya, lors du sommet « Africa Forward ». Emmanuel Macron avait affirmé : « Nous sommes les vrais panafricanistes », dans le cadre d’un discours consacré à la refonte des relations entre la France et l’Afrique.

Cette sortie du chef de l’État français a rapidement provoqué des réactions sur les réseaux sociaux et dans plusieurs milieux panafricanistes africains. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Guy Marius Sagna, connu pour ses positions souverainistes et ses dénonciations régulières de l’influence française en Afrique.

Dans une publication relayée sur ses réseaux sociaux, le parlementaire sénégalais a rejeté l’idée que la France puisse se réclamer du panafricanisme. « Entendre Macron dire de la France impérialiste : “nous sommes les vrais panafricanistes”, c’est comme entendre un esclavagiste dire : “nous sommes les vrais abolitionnistes” », a-t-il déclaré.

Pour Guy Marius Sagna, le panafricanisme reste historiquement lié aux combats pour l’émancipation du continent africain, contre le colonialisme, les dominations étrangères et les formes de dépendance économique ou politique. Il estime donc que les propos d’Emmanuel Macron traduisent une tentative de réappropriation d’un concept porté, à l’origine, par les mouvements africains de libération.

La déclaration du président français intervient dans un contexte marqué par la dégradation des relations entre Paris et plusieurs pays africains, notamment au Sahel. Depuis plusieurs années, la France fait face à une montée des discours anti-français et à des critiques récurrentes sur son héritage colonial, sa présence militaire et son influence diplomatique sur le continent.

À Nairobi, Emmanuel Macron cherchait pourtant à défendre une nouvelle doctrine africaine de la France. Le président français a insisté sur la volonté de Paris de construire un partenariat « d’égal à égal » avec les États africains, loin des logiques de la « Françafrique ». Il a également mis en avant le retrait progressif des forces françaises dans plusieurs pays africains et le développement de coopérations économiques, culturelles et technologiques.

Mais pour de nombreux militants panafricanistes, ces discours peinent encore à convaincre. Les réactions suscitées par la phrase d’Emmanuel Macron montrent à quel point les questions de souveraineté, de mémoire coloniale et d’influence étrangère demeurent sensibles dans les relations entre la France et l’Afrique.

Prudence AGBALETI

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