Des centaines de Tunisiens ont manifesté samedi dans la capitale, Tunis, contre le président Kaïs Saïed, l’accusant de bafouer les libertés et d’aggraver la crise économique et sociale.
La manifestation s’est déroulée sous le slogan : « Le peuple a faim et les prisons sont pleines ».
Les manifestants ont réclamé la fin du pouvoir personnel et brandi des banderoles dénonçant les arrestations de personnalités politiques, de journalistes et de représentants de la société civile, dans un contexte de répression croissante de la dissidence.
Les manifestants ont également critiqué ce qu’ils considèrent comme l’incapacité de Saïed à gérer la crise économique, tout en dénonçant l’instrumentalisation du système judiciaire et de la police pour faire taire les voix critiques.
La Tunisie est confrontée à de graves difficultés économiques, caractérisées par une croissance atone, une flambée des prix, des pénuries de médicaments et de certains produits alimentaires, des tensions financières et une dégradation des services publics.
Saïed, qui a dissous le Parlement et s’est installé au pouvoir par décret en 2022, fait face à des critiques croissantes de la part des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent le démantèlement du système démocratique post-2011.
Saied rejette ces accusations, affirmant que ses mesures sont nécessaires pour sauver le pays du chaos et de la corruption.
Le barreau a appelé à la grève dans les prochains jours pour protester contre l’érosion de l’indépendance de la justice, tandis que le syndicat des journalistes prévoit des manifestations contre l’emprisonnement de journalistes et les restrictions à la liberté de la presse.
Les autorités affirment faire respecter la loi et rejettent les accusations de répression politique.