En République démocratique du Congo, l’affaire judiciaire liée au dossier FRIVAO connaît un nouveau développement impliquant l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba. Au lendemain de son absence remarquée devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, le leader du NOGEC est passé à l’offensive en déposant une plainte pour violation du secret médical et atteinte à la vie privée.
Selon son entourage, la plainte a été introduite le mercredi 20 mai 2026 auprès du procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. La défense dénonce la diffusion présumée sur les réseaux sociaux de documents médicaux contenant des informations confidentielles sur l’état de santé de l’ancien garde des Sceaux.
Son avocat, Me Emiphe Munganga Cishugi, évoque une « divulgation illicite de données médicales confidentielles » ainsi qu’une « atteinte grave à la vie privée ». Selon lui, ces éléments médicaux avaient été transmis exclusivement aux autorités judiciaires compétentes dans le cadre de la procédure en cours.
Cette nouvelle action judiciaire intervient après l’audience du 19 mai 2026 dans le cadre du procès FRIVAO, au cours de laquelle des informations relatives à l’état de santé de Constant Mutamba auraient été évoquées.
La défense affirme avoir découvert avec surprise la circulation de documents médicaux confidentiels sur différentes plateformes numériques. Pour les avocats de l’ancien ministre, cette fuite constitue une violation manifeste des règles encadrant le respect de la vie privée et du secret médical en République démocratique du Congo.
L’entourage de Constant Mutamba assure par ailleurs que son état de santé continue de se détériorer. Son avocat affirme que l’ancien ministre est hospitalisé depuis environ huit mois et se trouve dans une situation jugée « extrêmement grave ».
Selon la défense, plusieurs rapports médicaux attesteraient de son incapacité physique à répondre aux convocations judiciaires, argument avancé pour justifier son absence lors des dernières audiences.
S’appuyant sur les dispositions du Code pénal ainsi que sur la législation congolaise relative à la presse et à la protection des données personnelles, les avocats réclament l’ouverture rapide d’une enquête afin d’identifier les auteurs de la fuite des documents médicaux.
Les proches de l’ancien ministre exigent également le retrait immédiat des contenus diffusés sur les réseaux sociaux ainsi que des poursuites judiciaires contre les personnes impliquées dans cette divulgation, une fois celles-ci identifiées.
Pour la défense, cette affaire dépasse le simple cadre d’une violation du secret médical. Elle représenterait aussi un risque pour la sécurité et l’intégrité personnelle du malade, dans un contexte judiciaire et politique particulièrement sensible autour du dossier FRIVAO.
Prudence AGBALETI