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Ouganda : Museveni remanie profondément son gouvernement et limoge 28 ministres

Le président ougandais Yoweri Museveni a procédé à un vaste remaniement ministériel à l’entame de son nouveau mandat, marquant l’une des plus importantes restructurations gouvernementales de ces dernières années en Ouganda. Pas moins de 28 ministres ont été écartés de l’exécutif dans ce grand ménage politique opéré par le chef de l’État.

Parmi les départs les plus marquants figure celui du ministre des Finances Matia Kasaija, considéré comme l’un des visages les plus influents de la politique économique ougandaise. Le général à la retraite Jeje Odongo, jusque-là ministre des Affaires étrangères, quitte également le gouvernement après plusieurs années passées à des postes stratégiques au sein du régime.

La ministre de l’Égalité des sexes Betty Amongi fait aussi partie des personnalités évincées dans ce remaniement qui touche plusieurs figures historiques du pouvoir.

Le ministère de l’Intérieur connaît également un changement notable, signe de la volonté du président Museveni de réorganiser certains secteurs jugés sensibles, notamment dans les domaines de la sécurité et de l’administration territoriale.

Malgré cette vague de limogeages, plusieurs piliers du régime conservent leurs fonctions. La vice-présidente Jessica Alupo et la Première ministre Robinah Nabbanja figurent parmi les responsables maintenus au sein du nouvel exécutif, traduisant une certaine continuité dans l’architecture du pouvoir.

Ce remaniement intervient quelques mois après la réélection de Yoweri Museveni pour un septième mandat présidentiel. À 81 ans, le dirigeant ougandais poursuit ainsi son règne entamé en 1986, consolidant davantage sa longévité politique à la tête du pays.

La recomposition du gouvernement est perçue par plusieurs observateurs comme une tentative de relancer l’action de l’exécutif et de renforcer le contrôle du président sur l’appareil d’État au début de ce nouveau quinquennat qui doit s’étendre jusqu’en 2031.

Alors que l’opposition continue de dénoncer une concentration excessive du pouvoir et un rétrécissement de l’espace démocratique, ce remaniement pourrait également être interprété comme une stratégie de repositionnement politique destinée à préparer la succession interne du régime tout en consolidant les équilibres autour du président Museveni.

Prudence AGBALETI

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