Ousmane Sonko a été élu président du parti Pastef-Les Patriotes à l’issue du premier congrès national de la formation politique, organisé, samedi 06 juin, à Diamniadio, près de Dakar.
Le leader politique a obtenu un soutien unanime des délégués présents. Selon les résultats annoncés par la commission électorale du congrès, il a recueilli l’ensemble des 589 voix validées, sans aucun bulletin blanc. Le taux de participation a atteint 98,5 %, avec 589 procès-verbaux reçus sur les 598 attendus.
Cette élection marque une étape historique pour Pastef, fondé en 2014. Pour la première fois depuis sa création, le parti a réuni ses représentants venus de toutes les régions du Sénégal ainsi que de la diaspora dans le cadre d’un congrès national destiné à renouveler ses instances dirigeantes et à définir sa feuille de route pour les années à venir.
La désignation d’Ousmane Sonko intervient dans un contexte politique particulier. Le 22 mai dernier, il a quitté ses fonctions de Premier ministre après avoir été démis de son poste par le président Bassirou Diomaye Faye. Quelques jours plus tard, il a été porté à la tête de l’Assemblée nationale à la suite de la démission d’El Malick Ndiaye.
Cette reconfiguration institutionnelle a mis en lumière certaines divergences entre les deux principales figures du pouvoir sénégalais concernant la conduite des affaires publiques et l’organisation de l’exécutif. Malgré ces désaccords, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye continuent d’afficher leur appartenance commune au Pastef.
Le congrès s’est également tenu peu après la nomination du gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lo. Bien que disposant d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale, Pastef a choisi de ne pas intégrer cette nouvelle équipe gouvernementale.
Ousmane Sonko avait justifié cette décision par des divergences avec le chef de l’État, notamment sur le rôle de la majorité parlementaire dans les institutions et sur certaines orientations politiques. Il avait néanmoins assuré que son parti ne chercherait pas à renverser le gouvernement, privilégiant le dialogue afin de préserver la stabilité politique du pays.
À l’approche du congrès, l’ancien Premier ministre avait présenté cette rencontre comme un tournant dans l’évolution du Pastef, estimant que le parti devait désormais passer d’une logique de mouvement politique à celle d’une organisation structurée.
Avec cette élection, Ousmane Sonko devient officiellement le principal dirigeant de la formation politique. Une responsabilité qu’il assume à un moment où le Pastef cherche à redéfinir sa place entre son influence au Parlement, son absence au sein du gouvernement et sa participation à la conduite des affaires de l’État.
Les travaux du congrès se sont poursuis jusqu’à dimanche avec l’examen de plusieurs textes d’orientation et l’adoption de résolutions destinées à encadrer l’action future du parti.
Prudence AGBALETI