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Au Kenya, la police fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une manifestation contre un centre de quarantaine pour américains atteints d’Ebola

La police kényane a dispersé mardi à coups de gaz lacrymogène des manifestants à Nanyuki, dans le centre du pays. Ces derniers protestaient contre la construction d’un centre de quarantaine pour les Américains exposés à Ebola, un projet entrepris par le gouvernement américain malgré les injonctions de la justice kényane interdisant la poursuite des travaux.

Ce centre de 50 lits, prévu sur une base aérienne, a suscité la colère de nombreux Kényans, qui accusent les États-Unis de se décharger de la responsabilité sanitaire liée à la prise en charge des personnes exposées à l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo et en Ouganda.

Deux personnes ont été tuées lors de manifestations la semaine dernière à Nanyuki, où la frustration grandit parmi les habitants, les autorités kényanes et américaines réaffirmant publiquement leur engagement envers ce projet malgré les décisions de justice.

La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser de petits groupes de manifestants rassemblés tôt le 9 juin. L’un d’eux portait une croix blanche sur laquelle on pouvait lire en rouge la phrase « Respectez Ebola ».

Le centre de Nanyuki est destiné aux Américains exposés au virus mais encore asymptomatiques. Les patients développant des symptômes seraient transférés vers d’autres pays pour y être soignés, ont indiqué les autorités américaines.

Selon des sources américaines et diplomatiques ainsi que des données de suivi des vols, des avions militaires américains ont continué à transporter du personnel et du matériel malgré les injonctions judiciaires bloquant le plan, plusieurs appareils devant atterrir cette semaine.

Des images satellites consultées par Reuters montrent une accumulation croissante de tentes blanches au centre d’une parcelle de terrain d’environ 0,046 km² défrichée au sein de la base aérienne de Laikipia depuis le 27 mai.

Les États-Unis ont déclaré être au courant de la contestation judiciaire et « collaborer avec le gouvernement kényan afin de résoudre tout problème éventuel ».

Les autorités kényanes ont déclaré que l’établissement accueillerait également des Kényans et des ressortissants étrangers en plus des citoyens américains, mais les autorités américaines n’ont pas confirmé cette information.

Reuters

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