Le gouvernement ivoirien poursuit sa campagne de démolition de logements à Abidjan. La dernière opération en date s’est déroulée dans le quartier de Vridi 3, situé à proximité du port de la capitale économique.
Les autorités assurent que ces interventions visent à détruire des habitations construites dans des zones à risque et à améliorer l’aménagement urbain. Une justification contestée par de nombreux habitants, qui dénoncent des expulsions réalisées sans préavis suffisant ni solutions de relogement adaptées.
« On dit que c’est pour le développement du pays, on ne peut pas dire non. On est épuisés et on souffre », témoigne Ousmane Kindo, dont le logement a été détruit.
Cette nouvelle vague de démolitions ravive les critiques déjà formulées lors des opérations menées en 2023 et 2024. À l’époque, des dizaines de milliers de personnes avaient été contraintes de quitter leurs habitations ou leurs commerces dans plusieurs quartiers d’Abidjan. Nombre d’entre elles avaient dénoncé l’absence d’indemnisation et de mesures d’accompagnement.
Parmi les habitants touchés à Vridi 3, l’inquiétude grandit face à la difficulté de se reloger. « Aujourd’hui, ils ont démoli les maisons. Pour trouver un nouveau logement, on nous demande entre 150 000 et 250 000 francs CFA. Nous n’avons pas les moyens. Même trouver du travail est devenu difficile », déplore Sana Ali, également expulsée.
De son côté, l’administration du district d’Abidjan affirme cibler les quartiers informels implantés dans des zones exposées aux inondations et aux glissements de terrain afin de prévenir d’éventuelles catastrophes humaines. Les autorités n’excluent pas la poursuite des démolitions dans les prochains jours.
Le quartier de Vridi 3, plus connu sous le nom de « Zimbabwe », compte environ 40 000 habitants. La municipalité de Port-Bouët, dont dépend cette zone et dirigée par l’opposition, a critiqué les méthodes employées par les autorités administratives et appelé à la mise en place d’une aide d’urgence pour les familles désormais sans abri.
Alors que le gouvernement défend une opération d’intérêt public, les habitants concernés réclament davantage de dialogue, d’accompagnement et de garanties, avant toute nouvelle intervention.
Prudence AGBALETI