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Zimbabwe : la contestation contre la réforme constitutionnelle se poursuit

La contestation contre le projet de réforme constitutionnelle porté par le pouvoir zimbabwéen se poursuit malgré une première défaite judiciaire des opposants. À Harare, les anciens combattants hostiles aux modifications envisagées de la Constitution affirment qu’ils continueront leur combat devant les tribunaux pour empêcher une éventuelle prolongation du mandat du président Emmerson Mnangagwa.

La Cour constitutionnelle a rejeté, mercredi 17 juin, leur recours visant à bloquer un projet de réforme prévoyant notamment de porter la durée du mandat présidentiel de cinq (5) à sept (7) ans et de supprimer l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct.

Malgré cette décision, les requérants ne comptent pas abandonner la procédure. Leur avocat, Lovemore Madhuku, a indiqué que ses clients respectaient le verdict tout en poursuivant les démarches judiciaires engagées devant d’autres juridictions. Selon lui, une première requête sera examinée par la Haute Cour, tandis qu’une autre pourrait être soumise à nouveau à la Cour constitutionnelle après le vote attendu à l’Assemblée nationale.

Cette décision judiciaire constitue une étape importante pour le gouvernement, puisqu’elle permet la poursuite du processus de révision constitutionnelle. Si celui-ci aboutit, Emmerson Mnangagwa pourrait potentiellement rester à la tête du pays jusqu’en 2030, une perspective vivement contestée par plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile.

Les critiques dénoncent un affaiblissement des contre-pouvoirs. L’analyste politique Precious Shumba estime que ce jugement traduit une influence croissante de l’exécutif sur les institutions judiciaires et marque un recul des principes démocratiques inscrits dans la Constitution.

De son côté, le camp présidentiel se félicite de cette décision. L’avocat du chef de l’État, Silvesta Hashiti, a soutenu devant la Cour que les opposants n’avaient apporté aucun élément permettant de démontrer une irrégularité dans la procédure de réforme engagée par les autorités.

Alors que le débat se poursuit sur l’avenir institutionnel du Zimbabwe, cette affaire confirme la montée des tensions politiques autour d’un projet de réforme qui pourrait profondément modifier les règles du jeu démocratique dans le pays.

Prudence AGBALETI

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