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En Éthiopie, le parti du Premier ministre Abiy Ahmed remporte largement les élections législatives

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed est le grand vainqueur des élections législatives, son parti ayant conservé une écrasante majorité parlementaire, malgré un scrutin marqué par les conflits, les accusations de répression et la faible participation de l’opposition.

Le Parti de la Prospérité, qui a obtenu 438 des 501 sièges, formera le nouveau gouvernement. Abiy devrait prêter serment pour un nouveau mandat début octobre. C’est une aubaine pour ses partisans, qui croient qu’il poursuivra les progrès économiques qu’il a impulsés.

Cependant, d’autres craignent que les divisions internes et les problèmes de sécurité auxquels est confronté le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique ne s’aggravent avec Abiy à sa tête.

Âgé de 49 ans, il est arrivé au pouvoir en 2018, dans un contexte de manifestations antigouvernementales. Sa campagne d’apaisement avait d’abord été saluée, même si elle avait déplu aux politiciens de la région du Tigré, au nord du pays, qui dominaient le gouvernement depuis plus de vingt ans.

Un an plus tard, il recevait le prix Nobel de la paix, principalement pour ses efforts visant à mettre fin aux hostilités avec l’Érythrée, pays voisin du nord de l’Éthiopie.

Cependant, les experts en sécurité craignent que le pays ne replonge dans la guerre, tandis que les insurrections violentes et meurtrières qui sévissent dans les régions éthiopiennes d’Amhara et d’Oromia ne montrent aucun signe d’apaisement.

Le jour du scrutin, 143 bureaux de vote sont restés fermés dans les deux régions les plus peuplées du pays en raison de problèmes de sécurité liés aux groupes armés qui combattent le gouvernement.

Les milices Fano en Amhara et l’Armée de libération oromo (OLA), organisation interdite en Oromia, toutes deux favorables à une plus grande autonomie, ont rejeté le scrutin et ses résultats.

La situation est également préoccupante au Tigré, qui se remet encore d’une guerre civile de deux ans qui ne s’est achevée qu’en 2022. La région et ses six millions d’habitants, répartis dans 36 circonscriptions, ont été totalement exclus du scrutin, face aux craintes croissantes d’une reprise des combats.

Le Tigré est frontalier de l’Érythrée et, pendant la guerre, ses troupes étaient alliées aux forces gouvernementales éthiopiennes. Elles ont été accusées d’atrocités généralisées contre les civils, accusations qu’elles ont niées. Depuis la fin du conflit, les relations entre Addis-Abeba et Asmara se sont fortement détériorées.

L’Érythrée, avec ses 1 350 km de côtes, accuse l’Éthiopie, pays enclavé, d’ambitions impériales. Ces trois dernières années, Abiy Ahmed a maintes fois évoqué la nécessité pour son pays de recouvrer l’accès à un port de la mer Rouge, perdu lors de l’indépendance de l’Érythrée en 1993.

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