L’épidémie d’Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo (RDC). Le pays a franchi pour la première fois le seuil des 1 000 cas confirmés depuis le début de la flambée.
Selon les autorités sanitaires, 1 003 cas confirmés ont été recensés, dont 254 décès. Cent personnes ont également été déclarées guéries. Plus de 300 malades sont actuellement pris en charge dans des structures de santé ou en isolement.
La province de l’Ituri, dans le nord-est du pays, demeure l’épicentre de l’épidémie. Les autorités sanitaires estiment toutefois que le nombre réel de contaminations pourrait être plus élevé en raison des difficultés rencontrées dans le suivi des cas contacts.
À Bunia, chef-lieu de l’Ituri, la situation suscite de vives inquiétudes, notamment dans les camps de déplacés.
Au camp de Kigonze, plus de trente personnes sont mortes depuis le début du mois de mai. Plusieurs décès ont été confirmés comme étant liés à Ebola. D’autres restent non documentés, certaines familles refusant les tests de dépistage.
Les organisations humanitaires redoutent une circulation plus importante du virus dans ces sites surpeuplés. La promiscuité, le manque d’installations sanitaires et les déplacements fréquents des populations favorisent la propagation de la maladie.
La riposte reste confrontée à de nombreux obstacles. Les violences armées dans l’est de la RDC limitent l’accès de certaines zones aux équipes médicales. Les déplacements de population et la méfiance d’une partie des habitants compliquent également le suivi des personnes exposées au virus.
Face à cette situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a renouvelé son appel à un cessez-le-feu dans les régions affectées. L’organisation estime qu’une amélioration de la situation sécuritaire est indispensable pour permettre aux équipes de santé d’accéder aux populations touchées et de freiner la progression de l’épidémie.
Les pays voisins, notamment l’Ouganda, maintiennent par ailleurs un niveau élevé de surveillance aux frontières afin de limiter le risque de propagation régionale du virus.
Prudence AGBALETI