Le Burundi a renouvelé son soutien aux initiatives visant à rétablir la paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une région confrontée depuis plusieurs années à l’activisme de groupes armés et à une instabilité persistante.
Cette position a été réaffirmée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, lors d’une visite d’État à Kinshasa marquée par des échanges approfondis avec son homologue congolais, Félix Tshisekedi.
Au cours d’un entretien en tête-à-tête, suivi d’une séance de travail élargie aux délégations des deux pays, les dirigeants ont passé en revue les principaux défis auxquels est confrontée la région des Grands Lacs. Les questions sécuritaires ont occupé une place centrale dans les discussions, notamment la situation préoccupante qui prévaut dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où les violences continuent d’affecter des millions de civils.
Face à cette crise, Évariste Ndayishimiye a réitéré l’engagement de son pays à soutenir toutes les démarches diplomatiques et sécuritaires destinées à restaurer une paix durable dans l’est congolais. Il a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective des acteurs régionaux et internationaux afin de mettre fin aux affrontements et de favoriser un retour progressif à la stabilité.
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la multiplication des initiatives de médiation. Les processus de Luanda et de Nairobi, portés respectivement par l’Union africaine et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), continuent de servir de cadres de dialogue entre les différentes parties impliquées. À ces efforts s’ajoutent les démarches récentes menées par plusieurs partenaires internationaux, dont les États-Unis et le Qatar, qui cherchent à encourager une solution négociée au conflit et à réduire les tensions entre la RDC et le Rwanda.
Le Burundi demeure par ailleurs un acteur sécuritaire de premier plan dans la région. Dans le cadre d’accords bilatéraux conclus avec Kinshasa, des soldats burundais ont été déployés dans l’est de la RDC afin de participer à la lutte contre les groupes armés opérant le long de la frontière commune. Cette coopération militaire illustre la volonté des deux pays de faire face ensemble aux menaces transfrontalières qui compromettent la sécurité des populations.
Au-delà des questions liées à la sécurité, les présidents burundais et congolais ont également abordé les perspectives de renforcement de leur partenariat bilatéral. Les deux parties souhaitent notamment relancer la Grande Commission mixte de coopération, un mécanisme destiné à accélérer les échanges et les projets communs dans plusieurs domaines stratégiques, notamment le commerce, les infrastructures, l’énergie, la santé et l’éducation.
Pour les populations des deux pays, cette dynamique de coopération représente un enjeu majeur. Une amélioration de la sécurité dans l’est de la RDC pourrait favoriser la reprise des activités économiques, faciliter les échanges transfrontaliers et contribuer à réduire les déplacements forcés de populations provoqués par les conflits armés. Le développement de projets communs dans les secteurs clés pourrait également renforcer l’intégration régionale et créer de nouvelles opportunités de croissance.
Réaffirmant la qualité des relations entre Bujumbura et Kinshasa, Évariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi ont exprimé leur détermination à poursuivre leurs efforts en faveur de la paix, de la stabilité et du développement partagé dans la région des Grands Lacs.
Prudence AGBALETI