Le Sénat nigérian a adopté un projet de réforme constitutionnelle autorisant la création de forces de police dans chaque État. Cette adoption intervient deux semaines après le vote favorable de la Chambre des représentants sur une version similaire du texte.
La réforme prévoit un système de sécurité à deux niveaux. Une police fédérale coexistera désormais avec des services de police relevant des États. Selon le gouvernement, cette nouvelle organisation doit améliorer la lutte contre l’insécurité. Elle vise notamment les enlèvements, le banditisme, le terrorisme et les violences communautaires.
Le texte définit les compétences de chaque niveau de police. Les forces fédérales conserveront les affaires liées au terrorisme, aux crimes transfrontaliers et à la sécurité nationale.
Les futures polices d’État seront chargées du maintien de l’ordre public et de la protection des personnes dans leurs territoires.
Le projet prévoit également des mécanismes de contrôle afin de limiter les risques d’abus de pouvoir. Le gouvernement fédéral pourra intervenir dans certaines circonstances exceptionnelles prévues par la Constitution.
Plusieurs observateurs restent toutefois prudents face à cette réforme. Ils craignent que certains gouverneurs utilisent les nouvelles forces à des fins politiques.
Le président Bola Tinubu soutient cette réforme, qu’il présente comme une réponse aux défis sécuritaires persistants du pays. Son gouvernement estime qu’une police de proximité renforcera l’efficacité des services de sécurité.
Avant son entrée en vigueur, le texte devra être harmonisé avec celui adopté par la Chambre des représentants. Il devra ensuite être approuvé par au moins les deux tiers des assemblées des 36 États nigérians, conformément à la Constitution.
Prudence AGBALETI