Le Ghana fait face à une plainte devant la Cour de justice de la CEDEAO. Des organisations de défense des droits humains dénoncent un accord conclu avec les États-Unis sur les expulsions de migrants.
L’action judiciaire a été déposée par une coalition internationale d’avocats et de défenseurs des droits humains. Elle comprend notamment le Global Strategic Litigation Council. La plainte vise les autorités ghanéennes pour leur rôle dans les expulsions vers des pays tiers.
Les plaignants affirment que le Ghana a accueilli des personnes expulsées des États-Unis avant de les renvoyer rapidement vers leurs pays d’origine. Plusieurs bénéficiaient pourtant de mesures de protection accordées par des juges américains.
L’affaire concerne 27 migrants parmi les 60 au moins transférés au Ghana depuis septembre 2025. Selon la coalition, Accra s’était engagé à recevoir ces personnes, à les détenir puis à organiser leur départ.
Les avocats assurent que plusieurs migrants ont été rapatriés quelques heures seulement après leur arrivée. Ils auraient pourtant informé les autorités ghanéennes de leur statut de protection aux États-Unis.
Certains témoignages évoquent un transport sous menottes depuis les États-Unis. D’autres décrivent une détention sous surveillance armée dans des camps militaires, des hôtels ou des centres de rétention aéroportuaires, dans des conditions jugées dégradantes.
La coalition accuse le Ghana de violer le principe international de non-refoulement. Ce principe interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque des persécutions ou des actes de torture.
Des évaluations médicales versées au dossier font également état de cas de stress post-traumatique et de dépression sévère chez plusieurs des migrants concernés.
Les requérants demandent à la Cour de suspendre tout nouveau transfert dans le cadre de cet accord. Ils réclament aussi la publication des termes de l’accord, des réparations financières et l’interdiction de conclure des accords similaires à l’avenir.
Cette procédure est présentée comme la première engagée sur la base du traité régional de 1979 garantissant la libre circulation en Afrique de l’Ouest. Elle intervient quelques semaines après une plainte similaire visant la Guinée équatoriale pour des faits comparables.
Le gouvernement ghanéen n’avait pas réagi officiellement au moment de la publication. Selon les organisations requérantes, le Ghana figure parmi au moins neuf pays africains ayant conclu un accord de réadmission avec l’administration Trump dans le cadre de sa politique de renforcement des expulsions.
Prudence AGBALETI