Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé vendredi la communauté internationale à agir face à la catastrophe des droits humains en cours autour de la ville assiégée d’El-Obeid, au Soudan.
Selon M. Türk, les civils subissent depuis 18 mois des conditions assimilables à un siège, marquées notamment par des pénuries d’eau potable et des attaques de drones. Il a souligné la récurrence d’exécutions, d’enlèvements, d’actes de torture et de violences sexuelles le long des itinéraires empruntés par les personnes déplacées dans la région du Kordofan.
« Les signes en provenance d’El-Obeid sont clairs et sans équivoque : une nouvelle catastrophe en matière de droits humains est en train de se dérouler au Soudan », a déclaré M. Türk devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève.
Une répétition d’« atrocités évitables »
L’ambassadrice britannique pour les droits de l’homme, Eleanor Sanders, a averti que jusqu’à 500 000 civils risquaient de subir des atrocités. El-Obeid est l’une des plus grandes villes du Soudan ; de nombreuses personnes déplacées venues d’autres zones de conflit y cherchent refuge.
« Nous ne pouvons permettre que se reproduisent des atrocités évitables », a déclaré Sanders au Conseil en appelant à la tenue d’un débat d’urgence. L’Allemagne, l’Irlande, la Norvège et les Pays-Bas ont soutenu cette demande.
Des combats depuis plus de trois ans
El-Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord, est le théâtre d’affrontements entre l’armée soudanaise et le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR). Ces combats durent depuis trois ans, provoquant une crise humanitaire dans la région.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a indiqué qu’au moins 45 civils avaient été tués et 41 blessés lors de 15 frappes de drones à El-Obeid et dans les environs, entre le 6 et le 28 juin.
Selon l’ONU, quelque 6 000 personnes ont été tuées en trois jours lors de la prise de la ville d’El-Fasher par les FSR en octobre 2025.