Une cité résidentielle de l’époque byzantine, bien conservée et située dans le désert occidental, figure parmi les deux découvertes archéologiques majeures annoncées samedi par l’Égypte.
Ces découvertes récentes, réalisées dans l’oasis de Dakhla et sur le site archéologique de Marina el-Alamein (près d’Alexandrie), s’inscrivent dans une série de trouvailles grâce auxquelles le gouvernement égyptien espère dynamiser le secteur vital du tourisme, porté en partie par la visite de sites antiques.
Tout comme le canal de Suez, voie stratégique, le tourisme constitue une source majeure de devises étrangères pour ce pays confronté à des difficultés financières.
Le ministère du Tourisme et des Antiquités a indiqué que la première découverte apporte des éclairages sur la vie quotidienne, l’urbanisme et les activités économiques dans l’oasis de Dakhla au IVe siècle, époque où l’Égypte faisait partie de l’Empire byzantin.
Les quartiers mis au jour comprenaient des axes de circulation nord-sud croisés par des rues est-ouest, formant ainsi des places ouvertes et des espaces publics, a précisé Hisham el-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités.
Une basilique datant du milieu du IVe siècle se dresse à l’extrémité de la localité, dominant ses artères principales, aux côtés des vestiges de deux tours de guet destinées à protéger les abords du site, a déclaré Mahmoud Massoud, chef de la mission archéologique.
Située dans le désert occidental, au sein de la province égyptienne de la Nouvelle Vallée, cette oasis figure sur la liste indicative de l’UNESCO, dernière étape avant une éventuelle inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité.
Une structure bien fortifiée, dotée d’épais murs défensifs, ainsi que de nombreuses habitations comprenant des salles de réception et des toitures voûtées, ont été mises à jour sur le site, a précisé M. Massoud.
Parmi ces constructions figure la maison de Tisous — identifié comme un diacre de l’Église et datant de la seconde moitié du IVe siècle — qui, selon les archéologues, aurait servi d’église domestique avant l’édification de la basilique de la cité.
Les archéologues ont également découvert des fours à pain, des cuisines et des outils de broyage en pierre manifestement utilisés pour la préparation de nourriture. Des pièces de monnaie en bronze bien conservées, frappées à l’effigie d’empereurs byzantins et portant des inscriptions latines ainsi que des symboles chrétiens, ont aussi été retrouvées, aux côtés d’un ensemble de pièces en or datant du règne de l’empereur romain Constance II (qui a gouverné de 337 à 361), selon le communiqué du ministère.
Diaa Zahran, chef du département des antiquités islamiques, coptes et juives, a déclaré qu’une collection d’environ 200 fragments de poterie, ayant servi de support d’écriture, avait été découverte. Ces fragments, appelés « ostraca », portent des inscriptions détaillant des transactions commerciales, de la correspondance ainsi que d’autres aspects de la vie quotidienne, a précisé M. Zahran.
Par ailleurs, des archéologues ont découvert 18 tombes anciennes sur le site archéologique de Marina el-Alamein, situé à environ 100 kilomètres à l’ouest de la ville méditerranéenne d’Alexandrie.
Ces découvertes comprennent 11 tombes creusées dans la roche, d’une profondeur moyenne de 8 mètres, et sept tombes en surface construites en calcaire, a indiqué le ministère. Ce qui porte à 48 le nombre total de tombes mises à jour sur le site, a précisé ce dernier.
Sur le site, les archéologues ont également découvert des récipients en céramique, des amphores, des lampes, des assiettes, des autels ainsi que des bassins en calcaire, a ajouté le ministère.
La chef de la mission, Eman Abdel-Khaliq, a indiqué qu’un sarcophage en granit de 2,5 mètres de long avait été découvert, contenant des restes squelettiques actuellement en cours d’examen. À proximité du sarcophage, les archéologues ont également mis à jour les vestiges d’une statue de sphinx en plâtre.
Mme Abdel-Khaliq a précisé que quatre pièces en or avaient été trouvées dans la bouche de certains défunts — une pratique connue sous le nom de « langue d’or », associée aux croyances funéraires de cette époque.
Marina el-Alamein est un site archéologique situé près de la ville d’El Alamein, sur la côte nord de l’Égypte. Découvert en 1986, ce site correspondrait, selon les archéologues, à l’ancienne cité portuaire gréco-romaine de Leukaspis ; bâtie au IIe siècle, elle a prospéré jusqu’au IVe siècle, a indiqué le ministère.