L’Administration pénitentiaire sénégalaise veut mettre fin aux fouilles à nu lors de l’admission des détenus. Une circulaire datée du 10 août 2026 impose désormais des modalités respectueuses de leur dignité.
La Direction générale de l’Administration pénitentiaire sénégalaise a interdit la fouille à nu des détenus lors de leur admission. Cette décision figure dans une circulaire datée du 10 août 2026, adressée aux responsables des établissements pénitentiaires.
La note rappelle que les fouilles restent nécessaires pour empêcher l’introduction d’objets ou produits interdits. Toutefois, certaines pratiques doivent désormais respecter davantage la dignité des personnes détenues.
Selon l’administration, la fouille à nu présente un caractère « humiliant, dégradant » susceptible de porter atteinte à la dignité humaine. Les opérations devront donc être conduites avec tact et sans brutalité.
La circulaire exige également que les fouilles soient effectuées par un agent pénitentiaire du même sexe que la personne contrôlée. Elle prévoit aussi un encadrement plus strict des opérations dans les établissements.
Des fouilles désormais mieux encadrées
La Direction générale de l’Administration pénitentiaire demande aux établissements de désigner un responsable chargé des opérations. Des locaux ou box individuels devront également permettre des fouilles séparées des nouveaux détenus.
L’administration précise que la fouille systématique ne doit intervenir qu’en cas de nécessité. Elle ordonne surtout aux établissements de ne plus déshabiller entièrement les personnes arrivantes.
Les détenus devront ainsi conserver leur culotte pendant les opérations de contrôle prévues à leur admission. Cette mesure vise à concilier les impératifs sécuritaires avec le respect de la dignité humaine.
La décision intervient alors que l’Observateur national des lieux de privation de liberté avait déjà documenté cette pratique. Son rapport annuel 2023 signalait des fouilles à nu systématiques dans plusieurs établissements sénégalais.
L’ONLPL avait notamment relevé cette pratique à Rebeuss, au Cap Manuel, à Mbour et à Kédougou. Il estimait que les modalités réglementaires prévues par le décret de 2001 restaient insuffisamment précises.
Une évolution vers les standards internationaux
Le décret n°2001-362 du 4 mai 2001 constitue l’un des principaux textes encadrant l’exécution des sanctions pénales au Sénégal. Le ministère de la Justice le cite toujours parmi les textes régissant l’administration pénitentiaire.
La circulaire s’inscrit également dans l’esprit des Règles Nelson Mandela adoptées par les Nations unies. Ces règles imposent notamment le respect de la dignité des détenus lors des mesures de contrôle et de sécurité.
La nouvelle orientation sénégalaise cherche ainsi à maintenir les exigences de sécurité sans recourir à des pratiques jugées dégradantes. Sa mise en œuvre effective dépendra désormais du respect de ces nouvelles consignes dans les établissements concernés.
Prudence AGBALETI