Les États-Unis ont proposé lundi au Conseil de sécurité de l’ONU d’étendre l’embargo sur les armes à l’ensemble du Soudan. Cette mesure vise à réduire les soutiens extérieurs qui alimentent la guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide.
Massad Boulos, conseiller principal du président Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, a présenté lundi à New York une résolution américaine sur l’embargo. Il s’exprimait lors d’un point de presse du Conseil de sécurité consacré à la situation au Soudan.
Selon lui, les soutiens financiers, militaires et politiques extérieurs continuent d’alimenter le conflit. Ce soutien risquerait aussi d’entraîner davantage de pays voisins dans la guerre soudanaise.
La résolution américaine prévoit quatre mesures principales, a précisé Massad Boulos devant le Conseil. Elle propose d’étendre l’embargo sur les armes à tout le territoire soudanais. Elle confirme que les drones et leurs technologies associées sont couverts par cet embargo. Elle prévoit enfin d’augmenter le nombre d’experts chargés de surveiller les sanctions.
La Russie, membre permanent disposant d’un droit de veto, a exprimé des réserves sur ce texte. Moscou craint que ces nouvelles mesures ne fragilisent l’armée soudanaise face aux paramilitaires. La résolution devra recueillir l’accord des membres du Conseil de sécurité pour être adoptée.
Massad Boulos a aussi dénoncé l’usage croissant des drones dans le conflit. Plusieurs responsables onusiens ont confirmé une multiplication récente des frappes de drones. Elles ont notamment touché des marchés, des convois et des infrastructures humanitaires.
Les combats continuent également à provoquer d’importants déplacements de populations civiles. Dans l’État du Nil Bleu, environ 5.400 personnes ont été déplacées ces derniers jours selon l’OIM. Dans le Kordofan-Nord, des milliers de familles ont aussi fui vers la ville d’El-Obeid.
La situation humanitaire reste aggravée par une épidémie de choléra dans plusieurs régions. Le Kordofan-Occidental et le Darfour figurent parmi les zones les plus touchées. L’accès humanitaire y demeure difficile en raison de l’insécurité persistante.
Washington a appelé toutes les parties au conflit à cesser immédiatement les violences. Les États-Unis exigent le respect du droit international humanitaire envers les civils, et un accès rapide, sûr et sans entrave à l’aide humanitaire.
Les États-Unis ont enfin réaffirmé leur soutien à une transition dirigée par des civils. Ce processus est jugé indispensable pour rétablir une paix durable au Soudan.
Prudence AGBALETI