Le président Félix Tshisekedi a annoncé, jeudi 27 août 2026, l’ouverture d’un dialogue national pour la refondation de l’État. Il a exclu tout groupe armé de ce dialogue, visant notamment l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda.
Le chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, a annoncé, jeudi, l’ouverture prochaine d’un dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Il a présenté ce dialogue comme un cadre rassemblant les forces vives du pays. L’initiative doit répondre à la crise sécuritaire dans l’Est, aux divisions politiques et aux difficultés économiques.
Félix Tshisekedi veut rompre avec les précédents dialogues nationaux en donnant une place centrale aux provinces. Le processus commencera dans les 26 provinces avant de converger vers Kinshasa pour les assises nationales.
Cette méthode ascendante vise à éviter que le dialogue se limite à des négociations entre responsables politiques à Kinshasa. Elle doit permettre de faire remonter les préoccupations des populations congolaises jusqu’à la capitale, Kinshasa.
Le président congolais a fixé une ligne rouge sur la participation des mouvements armés au dialogue. Aucun groupe ayant recours aux armes ne pourra se prévaloir de cette qualité pour siéger.
Cette position cible en particulier l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda voisin. Pour Félix Tshisekedi, l’inclusivité du dialogue ne doit jamais servir à légitimer la violence armée dans le pays.
Le chef de l’État distingue ainsi le règlement politique interne des négociations visant à mettre fin aux conflits armés. Cette ligne pourrait toutefois alimenter les débats avec les partisans d’un dialogue plus large et plus inclusif.
Félix Tshisekedi a par ailleurs annoncé des mesures de confiance et de décrispation politique pour le pays. L’objectif est de permettre aux différentes sensibilités de participer dans un climat politique et social plus apaisé.
Le succès de cette initiative dépendra du degré d’inclusivité réel accordé aux différents acteurs politiques congolais. L’opposition et la société civile seront particulièrement attendues sur leur participation effective et sur leurs propositions concrètes.
Le dialogue national devra également s’articuler avec les processus diplomatiques déjà engagés à Doha et à Washington. L’enjeu sera d’éviter la dispersion des initiatives tout en avançant vers la paix dans l’Est.
En misant sur les provinces et en excluant les groupes armés, Félix Tshisekedi veut rassembler la nation congolaise. Il entend le faire sans remettre en cause les institutions issues des dernières élections présidentielles de 2023.
La crédibilité de cette démarche dépendra de sa capacité à produire des résultats concrets pour la paix.
Prudence AGBALETI