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Niamey : l’AES confirme une tentative de déstabilisation militaire déjouée

La Confédération des États du Sahel confirme qu’une mutinerie a visé plusieurs sites sensibles de Niamey dans la nuit du 28 au 29 août. Selon l’AES, cette tentative de déstabilisation militaire a été déjouée par les forces loyalistes nigériennes.

La Confédération des États du Sahel (AES) a publié samedi un communiqué conjoint sur les événements survenus à Niamey. Elle y affirme qu’un groupe de soldats a mené une « entreprise de déstabilisation » contre la base aérienne 101 et d’autres sites sensibles de la capitale. Selon l’organisation, cette tentative a été « contenue et mise en échec » par les forces républicaines restées loyales.

Les premières détonations ont retenti peu après minuit dans plusieurs quartiers de Niamey. Des échanges de tirs à l’arme lourde ont notamment visé les abords du palais présidentiel et de l’aéroport international Diori Hamani. Les forces de défense et de sécurité nigériennes sont intervenues pour reprendre le contrôle des lieux avant le lever du jour.

Le général d’armée Salifou Mody, ministre nigérien de la Défense, avait d’abord évoqué un simple « mouvement d’humeur » dans un communiqué lu à la télévision nationale. Ce premier récit officiel a depuis été précisé par la communication conjointe de l’AES. Les autorités qualifient désormais explicitement les événements de mutinerie.

Selon le récit diffusé par Télé Sahel, des militaires « en rupture avec le règlement militaire » se seraient retranchés dans la caserne de la base 101. Certains de leurs camarades y auraient été brièvement séquestrés, selon la télévision publique. Les forces loyalistes ont progressivement repris le contrôle du site.

Le communiqué de l’AES, signé à Ouagadougou par le porte-parole du gouvernement burkinabè Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, emploie le terme de « trahison ». L’organisation y salue la loyauté, le courage et le sens du devoir des Forces de défense et de sécurité nigériennes. Elle réaffirme son soutien total aux institutions de la République du Niger.

L’AES appelle les populations du Niger, du Burkina Faso et du Mali à la vigilance. Elle met en garde contre les campagnes de désinformation et les manipulations de l’opinion susceptibles d’accompagner ce type d’événement. Un appel similaire avait déjà été lancé samedi matin par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).

Le nombre exact de militaires impliqués dans la mutinerie reste inconnu à ce stade. Les circonstances précises de la tentative et un éventuel bilan des affrontements n’ont pas été communiqués. Il s’agirait de la troisième tentative de déstabilisation visée par l’AES depuis la création de la confédération.

Cet épisode survient dans un pays dirigé par un régime militaire depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 contre le président Mohamed Bazoum. L’aéroport Diori Hamani avait déjà été visé fin janvier par une attaque revendiquée par le groupe État islamique. La situation sécuritaire à Niamey reste marquée par ces épisodes répétés de tension.

Prudence AGBALETI

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