Le Comité de dialogue restreint « 4+4 » a signé, dimanche 30 août, à Tripoli, sous l’égide de l’ONU, un accord sur la restructuration de la Haute Commission électorale nationale. Le texte prévoit également la révision des lois électorales et fixe un délai maximal de vingt-quatre mois pour l’organisation d’élections nationales.
Des représentants de l’Est et de l’Ouest libyens ont signé dimanche à Tripoli, au siège de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), un accord sur la restructuration de la Haute Commission électorale nationale. Le texte a été conclu en présence de l’envoyée spéciale de l’ONU, Hanna Tetteh. Il est le fruit de plusieurs mois de discussions menées à Rome puis à Tunis entre les principales institutions et forces politiques libyennes rivales.
Le comité « 4+4 », composé de quatre représentants de l’Ouest et de quatre représentants de l’Est, avait annoncé dimanche la signature d’un projet d’accord prévoyant la recomposition du conseil de la commission électorale. Dhaou Ibrahim Attia a été nommé à sa présidence et Sana al-Lishani à sa vice-présidence. Le texte prévoit aussi la tenue d’élections présidentielle et législatives dans un délai maximal de vingt-quatre mois.
L’accord règle plusieurs points juridiques qui bloquaient jusqu’ici le processus électoral. Les binationaux pourront se présenter à l’élection présidentielle, à condition de renoncer à leur autre nationalité avant de prêter serment. Les candidats à la présidentielle devront réunir 20 000 parrainages d’électeurs inscrits, et les militaires pourront eux aussi se porter candidats ou voter.
Le général Shibani Abu Hamoud, chef du commandement général de l’armée, a indiqué que le comité 4+4 travaillera avec la Manul. Il doit élaborer, dans un délai d’un mois, un mécanisme de suivi de la mise en œuvre de l’accord. Si la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État ne l’approuvent pas dans ce délai, les parties chercheront à le faire adopter comme document constitutionnel par des mécanismes nationaux élargis, avec le soutien du Conseil de sécurité de l’ONU.
Le Premier ministre du Gouvernement d’union nationale basé à Tripoli, Abdul Hamid Dbeibeh, a salué cette « étape importante qui renforce la voie que nous appelons de nos vœux depuis le début, fondée sur la fin des phases transitoires et l’avancée vers les élections ». Il a ajouté que « la décision doit revenir au peuple libyen à travers des élections qui mettent fin à l’état de division ».
Le commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne dans l’est du pays, Saddam Haftar, a lui aussi salué l’accord. Il l’a qualifié d’« étape importante vers la levée des obstacles qui ont longtemps entravé la réalisation des aspirations du peuple libyen ». Moussa al-Koni, vice-président du Conseil présidentiel libyen, s’est de son côté réjoui d’une « opportunité qui fera passer la Libye de la gestion de la division à sa fin ».
L’accord soutenu par l’ONU est distinct d’une initiative parallèle menée par Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Cette démarche séparée vise à rapprocher les parties libyennes sur les volets politique, militaire et économique. Le pays reste divisé depuis quinze ans entre le Gouvernement d’union nationale de Dbeibeh à Tripoli et le gouvernement de l’Est dirigé par Osama Hammad.
Prudence AGBALETI