La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, effectue ce mardi 6 juin une brève visite d’amitié et de travail en Tunisie à l invitation du président Kaïs Saïed selon un communiqué de la présidence de la République tunisienne. Les discussions portent essentiellement sur la question migratoire.
Depuis plusieurs semaines, Tunis et Rome affichent et mettent en scène leurs excellentes relations. À coup de déplacements ou de communiqués de part et d’autre, les deux pays méditerranéens collaborent activement.
Le premier dossier qui les rassemble est celui des migrations. Alors que les flux explosent – les garde-côtes tunisiens disent avoir arrêté cinq fois plus d’embarcations au premier trimestre que sur la même période en 2022 – l’Italie qui est en première ligne des arrivées veut les contenir à tout prix.
Pour appuyer son voisin qui traverse une crise politique et économique aigüe, Rome se mue en VRP de Tunis auprès de Bruxelles et des instances internationales.
Giorgia Meloni a ainsi appelé l’Union européenne à tenir un Sommet sur l’immigration. « Le gouvernement doit trouver un moyen pour freiner l’exode africain de toute urgence. Nous risquons une invasion si l’Europe ne bouge pas ». C’est ce que rapporte le quotidien italien Corriere della sera dans son édition du 14 mars 2023. En précisant que « les chiffres ont triplé par rapport aux premiers mois de 2022 ». « La pression sur l’Italie augmente, le nombre de débarquements et de naufrages au large des côtes siciliennes affecte l’opinion publique. Mais les paroles et les initiatives ordinaires des forces de l’ordre ne suffisent plus. Nous devons passer rapidement aux actes ».
L’Italie milite également pour que le FMI commence à décaisser des prêts en faveur de la Tunisie sans que celle-ci n’ait à entamer les réformes douloureuses demandées dans l’immédiat. La Première ministre italienne est préoccupée par « l’effondrement » de la Tunisie. « Ce qui pourrait pousser une nouvelle vague de migrants à traverser la Méditerranée » estime-t-elle. Ainsi, elle appelait, en marge du sommet du G7, le Fonds monétaire international (FMI) à venir en aide à la Tunisie, « en proie à une grave crise financière ». De même qu’à adopter une approche « pragmatique » pour débloquer des financements à la Tunisie « sans conditions préalables ».
La Rédaction