La force régionale de la communauté des États de l’Afrique de l’Est (EAC) devra quitter la République démocratique du Congo au plus tard le 8 décembre 2023, a annoncé le ministre des médias et porte-parole du gouvernement congolais, M. Patrick Muyaya, lundi, au cours d’un briefing avec la presse, a rapporté mardi l’Agence congolaise de presse (ACP).
Partick Muyaya a déclaré lundi soir aux journalistes que la force de la Communauté d’Afrique de l’Est, ou EAC, devait quitter le pays « parce qu’elle n’a pas été en mesure de résoudre le problème, notamment celui du M23 ».
Le gouvernement affirme que le groupe rebelle M23, sous le contrôle de la force régionale, a refusé de se retirer des territoires de Masisi, Rutshuru et Nyiragongo, en violation de l’accord de Luanda.
Les violents affrontements entre groupes armés se sont intensifiés depuis le 1er octobre dans les territoires de Masisi et de Rutshuru, situés dans la province du Nord-Kivu.
Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, ou OCHA, a cité des agences humanitaires affirmant qu’au moins 20 civils avaient été tués et plus de 30 autres blessés.
« Il y aura sûrement ensuite une réunion des chefs d’Etat, qui devra se prononcer sur l’incapacité de la force régionale à résoudre cette question, et des mesures seront prises », a déclaré Muyaya.
Le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi avait déclaré en septembre qu’il souhaitait que la mission de maintien de la paix de l’ONU avance d’un an le début de son « retrait accéléré » pour avoir échoué à maîtriser les conflits dans l’est du pays.
Il a déclaré : « Il est temps pour notre pays de prendre pleinement en main son destin ».
L’est du Congo, loin de la capitale, est depuis longtemps envahi par des dizaines de groupes armés cherchant à s’approprier une part de l’or et d’autres ressources de la région. Certains ont été discrètement soutenus par les voisins du Congo.
Les experts de l’ONU ont noté des « preuves substantielles » selon lesquelles le Rwanda soutient le mouvement du M23, ce que le Rwanda a nié.