Au moins 12 civils ont été tués mardi par des frappes de drones autour de la ville de Kidal, dans le nord du Mali, notamment sur une base libérée quelques jours plus tôt par la mission de maintien de la paix des Nations Unies, ont déclaré un responsable local et un groupe rebelle.
Ces frappes semblent être le premier signe d’un conflit à Kidal, bastion des rebelles touaregs, depuis le départ contraint de l’ONU le 31 octobre, dans le cadre de son retrait plus large de ce pays d’Afrique de l’Ouest alors que la sécurité se détériore.
Les experts en sécurité préviennent que la région pourrait désormais devenir l’épicentre d’une guerre pour le nord, alors que les rebelles et l’armée cherchent à prendre les zones que l’ONU a libérées, déstabilisant ainsi davantage le Mali, où errent également des militants islamistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
Un responsable local, Ahamoudane Ag Ikmasse, a déclaré qu’entre 12 et 15 morts civils avaient été signalés lors des frappes de mardi et qu’un des drones était tombé près d’une école. Un porte-parole du mouvement rebelle, le Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD), a fait état de 20 morts.
Le porte-parole des rebelles a imputé la responsabilité à l’armée et aux mercenaires russes qui travaillent avec les autorités militaires maliennes.
« Il y a eu trois frappes de drones sur l’ancienne base de l’ONU et une a touché un groupe d’enfants qui ramassaient des objets dans le camp », a déclaré Elmaouloud Ramadane.
Il a précisé qu’un deuxième est tombé près d’un aérodrome et a touché des civils, tandis que le troisième a raté sa cible.
L’armée malienne a publié mardi un communiqué sur X affirmant avoir mené des frappes sur le camp de Kidal et « neutralisé » plusieurs camionnettes appartenant à des « terroristes ». Il ne fait pas mention des victimes civiles.
La violence au Mali a augmenté depuis juin, lorsque la junte militaire, qui a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 2021, a ordonné le départ de la mission de maintien de la paix de l’ONU, la MINUSMA.
La mission a jusqu’au 31 décembre pour partir et a déjà retiré plus de 6 000 hommes sur un total de 14 000.