Le Soudan a confirmé avoir reçu la décision tchadienne d’expulser quatre diplomates soudanais pour protester contre les récentes accusations selon lesquelles il aurait facilité le soutien des Émirats arabes unis aux Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire combattant l’armée soudanaise.
Le ministère tchadien des Affaires étrangères a publié samedi un communiqué indiquant que le ministre Mahamat Saleh Annadif avait convoqué l’ambassadeur du Soudan à N’Djamena Osman Mohamed Younis pour l’informer de la décision de son gouvernement d’expulser quatre diplomates.
« Cette mesure fait suite aux propos graves et infondés du chef d’état-major adjoint de l’armée soudanaise, le général Yasir al-Atta, accusant le Tchad d’ingérence dans le conflit inter soudanais », indique le communiqué. Il a également mentionné les déclarations du ministre des Affaires étrangères Ali Sadiq, qui a répété les mêmes affirmations.
La semaine dernière, le Tchad avait convoqué l’ambassadeur soudanais et exigé des excuses pour les déclarations d’Al-Atta. Le Soudan a cependant refusé de s’excuser, affirmant qu’il avait fourni au Tchad des preuves à l’appui de ses affirmations.
L’escalade diplomatique au Tchad fait suite à des mesures similaires prises par les Émirats arabes unis (EAU), qui ont expulsé trois diplomates soudanais, incitant le Soudan à riposter en expulsant 15 diplomates émiratis.
Dans le même ordre d’idées, le Soudan a appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies et la communauté internationale à qualifier les Forces de soutien rapide (FSR) d’organisation terroriste et à criminaliser toute forme de soutien ou d’assistance au groupe.
Le ministère soudanais des Affaires étrangères a également appelé à interdire toute forme d’assistance ou de soutien aux FSR, assimilant une telle aide à une complicité dans les actes odieux de terrorisme, les crimes contre l’humanité et le nettoyage ethnique en cours de la milice.
En outre, le communiqué citait l’implication de l’un de ses membres non permanents dans l’agression contre le Soudan. « La complicité de ce membre dans les atrocités commises par les milices terroristes soulève des questions sur l’impartialité du Conseil face à cette grave question ». Le gouvernement soudanais faisait référence aux Émirats arabes unis, qui sont membres non permanents du Conseil.
Des militants soudanais ont récemment appelé à envisager des sanctions internationales contre le Tchad et les Émirats arabes unis pour violation de l’embargo sur les armes au Darfour.