Au Kenya des milliers de personnes sont descendues dans les rues lundi 20 mars 2023 à l’appel du chef de l’opposition, Raila Odinga, pour dénoncer l’inflation et le gouvernement. Des affrontements ont rapidement éclaté entre des manifestants, qui ont jeté des pierres, et les forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et canons à eau dans certains quartiers de la capitale et dans l’ouest du pays.
Après une journée d’affrontements lundi entre forces de l’ordre et partisans de l’opposition au Kenya, 238 personnes ont été arrêtées et 31 policiers ont été blessés, a annoncé la police, mardi 21 mars. Le chef de l’opposition, Raila Odinga, avait appelé ses partisans à manifester contre l’inflation et le gouvernement. Selon la police, 213 personnes ont été arrêtées dans la capitale kényane, Nairobi, et 25 autres dans l’ouest du pays, bastion de l’opposition.
La manifestation dans la capitale avait été interdite dimanche par les autorités en raison du non-respect du délai de dépôt de la demande d’autorisation. « Nous voulons rappeler à la population que personne n’est au-dessus des lois », a affirmé la police, dénonçant des « manifestations illégales ». « Ce que les organisateurs présentaient comme une manifestation pacifique s’est transformé en scène de crime violent avec des manifestants (…) jetant des pierres sur les policiers antiémeute », a ajouté la police, affirmant que le seul objectif des manifestants était « d’envahir State House », le palais présidentiel.
Lundi, un étudiant a été tué par la police à Maseno dans l’ouest du pays. L’institution chargée de superviser l’action des forces de l’ordre a ordonné mardi l’ouverture d’une enquête sur cette mort, ainsi que sur le cas d’un homme « gravement blessé » à Nairobi, tout en affirmant que la police avait agi « avec retenue ». M. Odinga a déclaré lors d’une conférence de presse être « horrifié et dégoûté » par les violences policières, appelant à des manifestations les lundis et jeudis à partir de la semaine prochaine.
Au total, 31 membres des forces de l’ordre ont été blessés dans le pays (24 à Nairobi et 7 dans l’ouest), selon la police qui a condamné « dans les termes les plus forts possibles la violence injustifiée » qui a selon elle visé des troupes.
Manifestations sur fond de rivalités politiques entre Raila Odinga et le président William Ruto
Il s’agit des premiers troubles majeurs depuis l’arrivée au pouvoir de William Ruto, victorieux en août d’une élection présidentielle très serrée, au résultat contesté par son rival malheureux Odinga qui continue d’affirmer qu’elle lui a été « volée » et que le gouvernement Ruto est « illégitime ».
Raila Odinga a appelé ses partisans à continuer à se mobiliser par des manifestations hebdomadaires. « Chaque lundi, il y aura une grève, il y aura une manifestation. La guerre a commencé, elle ne se terminera pas tant que les Kényans n’auront pas obtenu leurs droits », a déclaré l’opposant, âgé de 78 ans.
Les Kényans souffrent de la flambée des prix des produits de première nécessité, de la chute brutale du shilling par rapport au dollar américain et d’une sécheresse record qui a plongé des millions de personnes dans la famine.
La Rédaction
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