A LA UNE

Au Soudan, pas de trêve pour la fête de l’Aïd el-Fitr

De violents affrontements se sont poursuivis vendredi 21 avril 2023 au Soudan entre l’armée régulière et les paramilitaires, en dépit de multiples appels au cessez-le-feu, alors que de nombreux habitants célèbrent l’Aïd el-Fitr.

Des tirs et raids aériens ont secoué la capitale Khartoum dans la nuit de jeudi à vendredi, puis dans la matinée, comme c’est le cas quotidiennement depuis le 15 avril et le début de ces affrontements, principalement concentrés à Khartoum et la région du Darfour, dans l’ouest du pays.

Efforts diplomatiques

Les contacts diplomatiques se sont pourtant intensifiés depuis jeudi : le général Abdel Fattah Al-Bourhane, chef de l’armée et chef de facto du Soudan depuis le putsch de 2021, a annoncé avoir été contacté par des dirigeants régionaux, notamment sud-soudanais ou éthiopiens et internationaux, en particulier le patron de l’ONU, Antonio Guterres, et le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken.

Tous ont plaidé pour un arrêt des combats contre les très redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammed Hamdan Daglo, son numéro deux depuis le putsch, pour la fin du jeûne du ramadan.

Les FSR elles-mêmes ont annoncé « leur accord pour une trêve de 72 heures » à 6 heures heure locale pour donner un répit aux Soudanais toujours pris sous les feux croisés. Mais, comme c’est le cas chaque fois depuis plusieurs jours, ces annonces n’ont pas été suivies d’effet.

Pas de discussions politiques

Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée au Soudan, a affirmé jeudi à la chaîne Al Jazeera qu’il n’y aurait « plus de discussions politiques » avec les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), au 6ème jour de combats entre les deux camps.

Pour sa première intervention depuis le début samedi des affrontements ayant fait plus de 330 morts, le général Burhane a exhorté son rival Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », à la tête des FSR, de cesser de « vouloir contrôler le pays », faute de quoi « il se fera écraser militairement ».

Civils et militaires s’enfuient par milliers

Face à l’horreur, la fuite. Entre 10 000 et 20 000 personnes ont fui les combats en cours pour trouver refuge au Tchad voisin, selon les équipes du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) présentes à la frontière.

« La majorité des personnes qui arrivent sont des femmes et des enfants. […] Le HCR travaille en étroite collaboration avec le gouvernement tchadien et ses partenaires pour évaluer leurs besoins et préparer une réponse commune », a-t-il indiqué dans un communiqué jeudi.

Par ailleurs, Trois-cent-vingt militaires soudanais fuyant ces combats meurtriers ont traversé la frontière dimanche 16 avril 2023 et se sont rendus à l’armée tchadienne, a annoncé mercredi le ministre tchadien de la Défense. « Le dimanche nous avons eu des Soudanais, la force de la sécurité de la intérieure soudanaise qui a pénétré chez nous, et comme vous le savez, nous avons pris toutes les dispositions de les désarmer et de les cantonner », dit Daoud Yaya Brahim.

La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X