Le Japon s’engage à aider le Mozambique à combattre le terrorisme dans le nord du pays. C’est ce qu’a annoncé jeudi le premier ministre japonais Fumio Kishida en visite à Maputo. La province de Cabo Delgado, la plus au nord du Mozambique, riche en gaz, est aux prises avec une insurrection menée par des militants liés au groupe État islamique.
Fumio Kishida a rencontré Felipe Nyusi dans la capitale Maputo jeudi. Le premier ministre effectuait la dernière étape de sa tournée dans quatre pays africains. Les deux dirigeants ont discuté d’un projet de gaz naturel dans le nord du Mozambique, dans lequel une entreprise commerciale japonaise a investi. Le projet a été interrompu en raison de l’aggravation de la situation sécuritaire dans le pays.
Les deux hommes ont donc discuté des moyens de stabiliser la situation en vue d’une reprise rapide du projet.
« Le Japon aidera financièrement le combat contre le terrorisme », a déclaré Fumio Kishida lors d’une conférence de presse dans la capitale Maputo, la dernière étape de sa tournée en Afrique.« La sécurité est primordiale pour les opérations des entreprises japonaises au nord du pays », a-t-il ajouté.
Le Mozambique a placé de grands espoirs sur de vastes gisements de gaz naturel – les plus importants découverts au sud du Sahara – trouvés dans la province septentrionale à majorité musulmane en 2010.
Si tous les gisements sont exploités, le Mozambique pourrait devenir l’un des dix plus grands pays exportateurs de gaz au monde, selon les estimations. Mais l’insurrection de ces cinq dernières années, qui a tué plus de 4 600 personnes, a mis le doute sur le projet.
Le conglomérat japonais Mitsui détient une participation de 20% dans un projet gazier de 20 milliards de dollars (18 milliards d’euros) dirigé par le géant français Total Energies, qui est suspendu depuis 2021 à la suite d’une attaque djihadiste sur la ville côtière voisine de Palma.
La semaine dernière, le président du Mozambique, Filipe Nyusi, a déclaré que les conditions étaient réunies pour la reprise des travaux, mais TotalEnergies ne s’est pas encore engagé à relancer le projet.
Le premier ministre japonais et le président mozambicain ont enfin convenu de l’importance de maintenir et de renforcer l’ordre international fondé sur l’État de droit à la lumière de l’invasion russe de l’Ukraine. Ils se sont déclarés opposés à toute tentative unilatérale de modifier le statu quo par la force.
Ils se sont engagés à ce que le Japon et le Mozambique, tous deux membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, travaillent main dans la main.