Félix Tshisekedi et son homologue chinois Xi Jinping ont annoncé vendredi qu’ils relevaient « la relation bilatérale d’un partenariat stratégique de coopération gagnant-gagnant à un partenariat de coopération stratégique global », selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères. Le président Tschisekedi est depuis mercredi à Pékin pour une visite de travail 5 jours.

Renforcer les relations bilatérales
Félix Tshisekedi évoque un partenariat et une amitié indéfectible entre les deux pays : « Nous avons exprimé de part et d’autre la volonté d’accroitre notre coopération par des partenariats gagnants-gagnants qui seront bénéfiques à nos deux peuples. Nous avons énormément évolué dans nos relations. Nous avons au Congo beaucoup de symboles de l’amitié entre nos deux pays. Ces symboles qui datent déjà depuis de nombreuses années et qui montrent que dans cette coopération avec la Chine, la République démocratique du Congo peut être tirée vers le haut et ressembler à la Chine qui nous a impressionnés par le bond en avant qu’elle a effectué. »
Dans le concret, président Xi Jinping a pour sa part déclaré que a Chine aidera la RDC dans son développement économique et social, soutiendra sa stratégie d’industrialisation, renforcera la coopération dans les domaines de l’énergie, de l’exploitation minière, de l’agriculture, des infrastructures et de la fabrication, et exploitera le potentiel de coopération dans les domaines de l’économie numérique, de l’éducation et de la santé, a fait remarquer Xi Jinping, ajoutant que la Chine était prête à envoyer des experts en technologies agricoles en RDC.
Les deux parties ont d’ailleurs signé ce vendredi quatre mémorandums de coopération :
- Investissement et exploitation écologique des ressources naturelles, échange et coopération en matière d’information
- Coopération dans le développement de l’économie numérique
- Promotion du développement d’une croissance verte
- Accord de coopération entre les deux chaînes nationales de télévision, la CGTN et la RTNC.
Renégocier les contrats
Le président Tshisekedi s’était engagé publiquement, avant son départ de Kinshasa, à renégocier les contrats miniers congolais, notamment celui signé en 2008 avec la Chine par son prédécesseur Joseph Kabila (2001-2019), afin d’obtenir de meilleures conditions pour son pays.
Un haut responsable de la RDC, Erik Nyindu Kibambe, a déclaré aux journalistes à Pékin que les pourparlers de renégociation minière se déroulaient « à merveille », la partie congolaise espérant un accord d’ici la fin de cette année.
Il a déclaré qu’ils aspiraient à conclure un accord d’État à État, plutôt que des accords entre la RDC et des sociétés minières individuelles.

La RDC est un important exportateur de cuivre, d’uranium et de cobalt – un ingrédient clé des batteries pour des appareils de destinés à la consommation – mais reste l’un des États les plus pauvres du monde.
La situation sécuritaire à l’Est de la RDC toujours au centre des discussions
À son arrivée en Chine, Félix Tshisekedi est allé à la rencontre de la diaspora congolaise devant laquelle il s’est longuement exprimé. Il a assuré à son auditoire que l’élection présidentielle aurait bien lieu le 20 décembre, fustigeant le positionnement de l’opposition qui « ne sait pas ce qu’elle veut ». « Elle a dénoncé des choses, elle a dénoncé la Céni, la Cour constitutionnelle. Finalement, ces mêmes opposants ont quand même rejoint le processus », a-t-il ajouté.
Le chef de l’État est aussi revenu sur la situation à l’est de la RDC, dénonçant « une agression lâche et barbare de la part du Rwanda », en évoquant le conflit avec le M23. Kinshasa accuse depuis plusieurs mois le Rwanda d’être derrière la rébellion du M23 qui s’est emparée d’une partie de la province du Nord-Kivu avant de rendre ses positions aux soldats de la force est-africaine (EAC). Des accusations reprises par les Nations unies et plusieurs chancelleries occidentales, mais totalement balayées par Kigali.
Le président a aussi une nouvelle fois remis en cause l’action de l’EAC qui comprend des militaires venus du Burundi, du Soudan du Sud, de l’Ouganda et du Kenya. Les critiques ont surtout visé les militaires kényans et ougandais, accusés par le président d’une « sorte de collaboration entre la force de l’EAC et les rebelles ou terroristes du M23 ». Et d’ajouter : « l’exception du contingent burundais qui applique au vrai sens du mot, les accords tels qu’ils étaient prévus. J’en veux pour preuve l’intervention des Burundais lorsque les terroristes du M23 commençaient à prélever illégalement des taxes dans des territoires qu’ils occupaient. Quant aux autres, la cohabitation continue. »
La Rédaction