La police a tiré des gaz lacrymogènes et des manifestants ont brûlé des voitures ce lundi 30 mai 2023 près du domicile du principal chef de l’opposition sénégalaise, alors que les tensions montent dans la capitale quelques jours avant le verdict dans le procès pour viol d’Ousmane Sonko.
L’homme politique est poursuivi pour viol et menaces de mort contre une femme travaillant dans un salon de massage, et risque jusqu’à 10 ans de prison. S’il est reconnu coupable, il se verrait interdire de se présenter aux élections présidentielles de l’année prochaine. Ousmane Sonko et ses partisans soutiennent que cette affaire judiciaire est une création du pouvoir de Macky Sall pour faire dérailler sa candidature.
Les affrontements sont survenus un jour après que la police a arrêté la «caravane de la liberté» de Sonko, voyageant de sa ville natale de Ziguinchor, dans le sud et dont il est le maire, jusqu’à Dakar, où il a été contraint de rester dans sa maison de la capitale.
Le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome, a déclaré que Sonko n’avait pas été arrêté mais avait été surpris en train d’enfreindre la loi – participant à une caravane non autorisée – et ramené chez lui.
Les partisans de Sonko se sont vu refuser l’accès à sa maison lundi et ont lancé des pierres contre la police qui bloquait les routes. Au moins huit véhicules ont été incendiés avec des poches d’affrontements dans toute la ville.

L’opposant Ousmane Sonko
Les manifestations sont déjà devenues violentes à l’approche du procès. La semaine dernière, une personne a été tuée et d’autres blessées lorsque des affrontements ont éclaté entre la police et des partisans de Sonko dans la ville de Kolda, dans le sud.
Le gouvernement sénégalais a déclaré qu’il s’opposerait à toute tentative de trouble à l’ordre public.